Ces séquences suivent le programme d’enseignement de l’école maternelle en vigueur à la rentrée 2025 (BO n° 41 du 31 octobre 2024, consolidé par le BO n° 19 du 7 mai 2026), organisé en six domaines. Les objectifs et les exemples de réussite cités dans les fiches sont ceux de la colonne « à partir de 3 ans ».
Chaque séquence contient une fiche de séquence, le détail de chaque séance, une ou plusieurs annexes « matériel à préparer », une grille d’observation, une annexe enseignant avec les précautions, et une affiche de classe en format paysage, fournie en .docx (Word), à imprimer en A3.
⚠ Un avertissement, en préalable. La petite section n’est pas une moyenne section allégée. C’est le seul niveau de la scolarité où l’entrée dans l’école est elle-même le programme : se séparer, se sentir attendu, comprendre que la journée a une fin, disposer de mots pour demander. Ces contenus occupent une part majeure du temps de septembre et d’octobre, et ce n’est pas du temps perdu — un élève qui n’est pas sécurisé n’apprend rien. Deux séquences leur sont explicitement consacrées, dans le dossier 07.
Organisation du dossier
⚠ Le découpage est identique d’une période à l’autre, comme aux autres niveaux : seuls les sous-dossiers changent de titre à l’intérieur de 04 et 05. Et le dossier 07 conserve ses trois séquences.
⚠ Le dossier 07 change de nom en période 4 : il devient « Vivre ensemble », parce que les trois séances annuelles d’EVAR ont eu lieu en périodes 1, 2 et 3. C’est exactement la même bascule qu’en moyenne section et qu’en grande section. Les trois séquences restent : deux de vivre ensemble, une d’autonomie.
Les intitulés sont ceux du programme de maternelle. La numérotation des sept dossiers est calquée sur celle de la MS, de la GS, du CP et du CE1, pour qu’on puisse ouvrir le même dossier au même moment en classe à plusieurs niveaux :
| Dossier | En PS, MS et GS | Au CP et au CE1 |
|---|---|---|
01 | Langage oral et écrit | Français |
02 | Premiers outils mathématiques | Mathématiques |
03 | Se repérer dans le temps et l’espace | Questionner le monde (temps et espace) |
04 | Le monde du vivant, de la matière et des objets | Questionner le monde (vivant et objets) |
05 | Activités physiques | EPS |
06 | Activités artistiques | Arts (et Anglais en 06 au cycle 2) |
07 | Devenir élève et EVAR | EMC et EVAR en 08 |
Trois écarts assumés par rapport aux autres niveaux.
⚠ Le dossier 02 compte trois séquences au lieu de quatre : en PS, les grandeurs et les formes se travaillent ensemble, dans une seule séquence de tri. Le rond seul en période 1, le carré en période 2 ; le triangle relève de la période 3.
⚠ Le dossier 06 compte deux séquences au lieu de trois : le spectacle vivant n’apparaît pas en petite section. Les comptines mimées et les marionnettes sont traitées dans 01/03 - Comprendre des histoires et dans 06/02 - Les univers sonores, où elles sont plus efficaces.
⚠ Le dossier 07 compte trois séquences au lieu d’une : la séance d’EVAR, plus une séquence de vivre ensemble et une séquence d’autonomie, qui n’existent à aucun autre niveau et qui sont le cœur du travail de la petite section.
Ce qui change par rapport à la MS
C’est la question la plus utile pour un remplaçant qui connaît la moyenne section et découvre la petite.
| Domaine | En PS | En MS |
|---|---|---|
| Durée des séances | 10 minutes | 15 à 20 minutes |
| Regroupement | 10 minutes maximum | 15 minutes |
| Atelier dirigé | 4 élèves | 6 élèves |
| Langage oral | ⚠ montrer est une réponse ; P2 : deux mots ensemble | une phrase de trois mots |
| Règles du groupe | une seule | trois |
| Phonologie | ⚠ n’existe pas : écoute et comptines | la syllabe et la rime |
| Écriture | ⚠ traces libres, aucune lettre tracée | le prénom en capitales |
| Étiquette-prénom | ⚠ avec la photo de l’élève | prénom seul, toutes identiques |
| Nombres | un, deux, beaucoup ; P2 : donner deux, encore, autant | jusqu’à 3, puis 5 ; dénombrer |
| Comptine | jusqu’à 5, dite par l’adulte | jusqu’à 10, dite avec le groupe |
| Résultats d’une distribution | il en manque · il en reste | + « juste » |
| Formes | ⚠ P1 : le rond seul · P2 : + le carré | rond, carré, triangle dès la P1 |
| Tailles | grand / petit | + « moyen », ranger trois |
| Tri | un seul critère, objets identiques sauf ce critère | un critère, collections variées |
| Temps | quatre moments ; P2 : d’abord et après, 2 images | la journée en huit photos ; 3 images |
| Marqueurs spatiaux | P1 : dans, sur, sous · P2 : + devant, derrière ; ⚠ comprendre, pas nommer | 7 mots, nommés |
| Rituel du matin | 3 moments, 10 min | 4 moments, 15 min |
| Dévolution | ⚠ aucune : l’adulte mène tout | à deux, jamais seul |
| Le vivant | un critère : ça bouge tout seul | deux critères |
| Jeux collectifs | ⚠ aucun jeu à règle ; on joue à côté | une règle unique, pas de points |
| Matériel | ⚠ un objet par élève | partage possible |
| Écoute d’une histoire | P1 : 3 minutes · P2 : 4 minutes | 5 minutes |
| Écoute musicale | 1 minute | 2 minutes |
| Couleurs | ⚠ une nouvelle par période : P1 rouge et bleu · P2 jaune | toute la palette |
| Chansons | P1 : 2 · P2 : 4 | un répertoire de quatre dès la P1 |
| Contraires | P2 : chaud/froid et dur/mou | quatre couples en P3 |
| EVAR | ⚠ message strictement identique | ⚠ message strictement identique |
⚠ Cinq différences ne sont pas des différences de quantité, mais de nature :
Montrer est une réponse. C’est la décision pédagogique la plus importante de la période. Exiger un mot d’un élève de trois ans produit du silence ; accepter le geste, le regard, l’image montrée, produit du langage — parce que l’adulte peut alors mettre des mots dessus.
Le bain de langage est le contenu principal, et il ne se voit pas dans une fiche de préparation. C’est ce que l’adulte dit toute la journée, en accompagnant les gestes : « tu mets ton bras dans la manche », « tu veux de l’eau ». Il fait plus que toutes les sollicitations directes.
L’imitation est le mode d’apprentissage dominant. L’adulte fait avec, il ne dit pas comment faire. Une consigne verbale seule ne produit rien à trois ans, en motricité comme en atelier.
Partager n’est pas encore possible. Le jeu parallèle — jouer à côté, pas encore avec — est une étape normale du développement, pas un déficit de socialisation. Un objet par élève est donc une nécessité pédagogique, pas un confort : le matériel en nombre suffisant supprime la moitié des conflits d’une journée.
Aucune dévolution. L’adulte mène l’intégralité des rituels. La moyenne section fera mener à deux, la grande section fera mener seul. En PS, on installe le cadre ; on ne le confie pas.
Période 1
Le fil rouge de la période est je viens à l’école, et je peux dire ce dont j’ai besoin. Chaque domaine installe un tout petit nombre d’outils, presque tous des affichages en images à hauteur d’enfant de trois ans : quatre images de besoins, quatre coins de la classe, quatre moments de la journée, trois solutions quand ça ne va pas, quatre gestes pour se laver les mains, trois images pour enfiler son manteau. ⚠ Ces affichages sont le vrai matériel de la période, et ils font plus que n’importe quelle séance.
01 — Langage oral et écrit
| Sous-domaine | Séquence | Volume |
|---|---|---|
| 01 Langage oral | Parler et se faire comprendre | 4 séances |
| 02 Lexique | Les mots de la classe et les mots de mon corps | 3 séances |
| 03 Comprendre des histoires | Écouter une histoire courte | 3 séances |
| 04 Écoute et comptines | Programme P1 : écoute et comptines | 7 semaines |
| 05 Les premières traces | Les premières traces et mon étiquette | 3 séances |
Le langage oral repose sur une règle qui gouverne toute la période : ⚠ montrer est une réponse, et elle se valide comme une autre. L’outil le plus rentable est l’affichage de quatre images de besoins — boire, les toilettes, le doudou, de l’aide — placées très bas : ⚠ elles transforment des pleurs en demande. Le rôle de l’adulte tient en trois gestes : mettre des mots, reformuler sans jamais corriger, se mettre à hauteur. ⚠ On ne fait jamais répéter un mot mal prononcé.
Le lexique s’apprend en situation, jamais en leçon. Une photo sur chaque coin et sur chaque boîte fixe le vocabulaire sans qu’on ait rien à enseigner, et rend le rangement possible sans l’adulte. Quatre parties du corps, ⚠ montrées sur soi ou sur une silhouette, jamais sur le corps d’un autre élève — et la finalité est concrète : savoir dire où on a mal. Deux mots d’émotion seulement, content et pas content, ⚠ sur des visages dessinés et à propos d’un personnage, jamais de l’élève lui-même.
La compréhension tient en trois minutes d’histoire, en atelier de quatre, assis tout près. ⚠ Aucune question à la première lecture : la première fois, on écoute. On relit le même album cinq ou six fois dans la période — ⚠ c’est la répétition qui installe l’histoire, et un élève qui réclame toujours la même est un bon signe. Une seule question, posée après plusieurs lectures : qui est-ce ? ⚠ Et montrer suffit complètement. ⚠ Aucune histoire de séparation, d’abandon ni de perte en période 1 : les élèves en vivent une, réelle, chaque matin.
L’écoute et les comptines remplacent la phonologie, ⚠ qui n’existe pas en petite section. Le silence de trois secondes est un objectif sérieux, et il conditionne tout le reste. La boîte à bruits fonctionne ⚠ sans jamais imposer de fermer les yeux, ce qui angoisse beaucoup d’élèves. Et la découverte méthodologique de la séquence : ⚠ le geste vient avant les mots — à trois ans, c’est le geste qui porte la mémoire du texte. Deux comptines dans la période, et pas cinq.
Les premières traces installent une découverte réelle : ⚠ quand j’appuie, ça marque, et c’est moi qui l’ai fait. L’intentionnalité de la trace n’est pas acquise à l’entrée en PS. Deux conseils font toute la différence : ⚠ le plan vertical (mur, chevalet, grande feuille scotchée) et ⚠ le très grand format, parce que le geste part de l’épaule. L’étiquette-prénom ⚠ porte la photo de l’élève en PS — c’est la différence assumée avec la MS, et ⚠ la retirer trop tôt met en difficulté sans rien apporter. ⚠ Aucune lettre n’est tracée en petite section.
02 — Premiers outils mathématiques
| Sous-domaine | Séquence | Volume |
|---|---|---|
| 01 Découvrir les quantités | Un, deux, beaucoup | 3 séances |
| 02 Le comptage quotidien | Programme P1 : le comptage quotidien | 7 semaines |
| 03 Trier et ranger | Les couleurs, les formes et les tailles | 3 séances |
Les quantités ne se comptent pas : ⚠ on ne compte pas en PS, on perçoit. Trois mots suffisent — un, beaucoup, plus rien — et ils couvrent l’essentiel des situations de la classe. La quantité deux s’installe sur le corps : deux mains, deux pieds, deux yeux. Le contenu mathématique réel de la période est la correspondance un pour un, travaillée dans de vraies distributions, ⚠ avec le tour dans le même sens, qui supprime presque tous les oublis. ⚠ Aucune fiche, aucun exercice sur papier.
Le comptage quotidien dure ⚠ cinq minutes, pas dix, et comporte deux moments. ⚠ L’adulte compte, et les élèves suivent : demander à un élève de trois ans de compter seul devant le groupe n’a aucun intérêt. La comptine va jusqu’à 5, et c’est une comptine, pas un outil de dénombrement. Mais le vrai contenu est ailleurs : ⚠ poser son étiquette est le premier geste d’élève, il se répète chaque matin, et il construit à la fois l’appartenance au groupe et la correspondance un pour un.
Le tri obéit à une règle absolue : ⚠ un seul critère à la fois, et des objets identiques sauf ce critère. Si les objets diffèrent aussi par la forme ou la taille, l’élève de PS trie selon ce qu’il perçoit le mieux, pas selon la consigne. Une seule forme en période 1 : le rond, reconnu ⚠ en suivant le bord avec le doigt — à trois ans, la reconnaissance est d’abord tactile. Et le tri se fait ⚠ au rangement du matériel, pas dans un atelier séparé : c’est ce qui lui donne du sens.
03 à 07 — Autres domaines
| Dossier | Séquences |
|---|---|
| 03 Temps et espace | Les moments de ma journée (3 séances) · Ma classe et les lieux de l’école (3 séances) · Programme P1 : les rituels du matin (7 semaines) |
| 04 Vivant et objets | Mon corps, les animaux et les plantes (4 séances) · Manipuler, transvaser, emboîter (3 séances) |
| 05 Activités physiques | Se déplacer dans la salle (3 séances) · Les premiers jeux avec les autres (3 séances) |
| 06 Activités artistiques | La trace, la couleur et la matière (3 séances) · Ma voix, les sons et les comptines (3 séances) |
| 07 Devenir élève et EVAR | EVAR séance 1 (3 séances) · L’accueil et la séparation (4 séances) · Devenir autonome (4 séances) |
Le temps repose sur le train de la journée en quatre wagons, ⚠ dont le dernier est toujours le moment où l’on vient chercher l’enfant. Ce n’est pas un affichage décoratif : la locomotive se déplace réellement à chaque moment, et ⚠ montrer le dernier wagon à un élève qui pleure est le geste le plus efficace de toute la période 1 — il transforme une angoisse sans fin en attente bornée. Deux formulations à retenir : ⚠ « après la nuit » remplace « demain », qui n’a pas de contenu à trois ans ; et ⚠ quand ça change, on le dit avant — un remplaçant non annoncé peut désorganiser une journée entière.
L’espace installe quatre coins de la classe et trois lieux de l’école, ⚠ les plus utiles, pas les plus jolis : les toilettes d’abord, puis le portemanteau et la cour. ⚠ Savoir où sont les toilettes évite des accidents réels. Trois mots de position seulement — dans, sur, sous — et ⚠ on demande de faire, pas de nommer : la compréhension précède la production de plusieurs mois. Un dispositif d’organisation vaut à lui seul une séquence : ⚠ un nombre de places par coin, marqué par des images, qui règle la majorité des conflits.
Les rituels du matin durent ⚠ dix minutes, trois moments, et l’adulte mène tout. Le contenu principal n’est pas la date ni la météo : c’est que ⚠ l’adulte dise bonjour à chacun, par son prénom, un par un, en le regardant — et qu’aucun élève ne soit oublié, ce qui est vérifiable. ⚠ La répétition à l’identique est un choix pédagogique, pas une facilité : mêmes mots, mêmes gestes, même chanson, toute l’année. Elle n’ennuie pas un élève de PS ; elle le sécurise.
Le vivant tient en un seul critère — ⚠ ça bouge tout seul — et en deux règles qui valent du PS au CM2 : on regarde, on ne touche pas, et on le remet où on l’a trouvé. ⚠ On sème dès la première semaine, sinon rien n’a le temps de pousser. Et le lavage des mains est un contenu à part entière, avec ⚠ quatre images affichées au-dessus du lavabo et ⚠ une comptine comme minuteur — un enfant de trois ans ne sait pas ce que dure « trente secondes ».
Les objets se manipulent : transvaser, emboîter, empiler. ⚠ Le bac est la condition de l’atelier de transvasement — sans lui, il devient une source de rappels à l’ordre permanents. Deux postures d’adulte comptent autant que le matériel : ⚠ « ça déborde, et ce n’est pas grave », qui permet la répétition, et ⚠ faire tomber est une activité à part entière à trois ans. La pince à linge est l’outil de motricité fine le plus rentable de l’année. ⚠ Trois dangers seulement, et en images, jamais en vrai.
Les activités physiques commencent par ⚠ laisser courir : un élève de PS qui découvre un grand espace doit l’investir avant de pouvoir écouter. Deux règles seulement, et une astuce précieuse : ⚠ au signal, je m’arrête et je m’assois — l’immobilité debout est très difficile à trois ans. Les quatre pattes sont un contenu réel, qui construit la coordination croisée. ⚠ On ne saute pas d’une hauteur en PS, et ⚠ descendre est plus difficile que monter : c’est le geste à enseigner explicitement.
Les jeux avec les autres n’ont pas de règle : ⚠ le jeu collectif à règle n’existe pas en petite section. La ronde se défait sans arrêt, et deux adultes dedans tiennent la structure. ⚠ On ne tire jamais sur les bras — les luxations du coude sont fréquentes à cet âge. Dans le jeu de poursuite, ⚠ personne n’est attrapé, et une variante sans personnage effrayant est souvent préférable en période 1. Enfin : ⚠ chacun le sien, et ⚠ jouer à côté est une étape, pas un déficit.
Les arts visuels explorent, ⚠ ils ne composent pas. Deux couleurs seulement, et on en ajoutera une par période : six couleurs en septembre produisent du marron et rien d’autre. ⚠ Le marron n’est pas un échec — c’est le résultat normal d’un mélange. ⚠ L’aversion au contact est fréquente et respectable : on ne force jamais à toucher la peinture, et le pinceau est une participation complète. Le seul critère de réussite pertinent : ⚠ j’ai envie de recommencer.
Les univers sonores installent deux chansons dans la période — deux sues valent mieux que six approximatives — et la modalité de participation réelle : ⚠ dire les derniers mots de chaque vers, c’est déjà chanter. ⚠ S’arrêter au signal est beaucoup plus difficile que commencer, et cela se travaille toute l’année. Pour l’écoute : ⚠ une minute, ⚠ allongé (c’est l’astuce la plus efficace et la plus négligée), et ⚠ bouger comme la musique — la verbalisation vient bien plus tard.
L’EVAR séance 1 est ⚠ strictement identique à celle de la MS, de la GS, du CP et du CE1 : les formulations ne se simplifient pas. Seule la durée change — quinze minutes au lieu de vingt, en demi-groupe. ⚠ Et c’est délibéré : un élève de PS est exactement aussi exposé qu’un élève de CM2, et il dispose de moins de mots. Nommer le corps avec les mots justes est donc le contenu le plus déterminant : un enfant qui n’a pas les mots ne peut pas raconter. Les marionnettes sont indispensables — elles permettent d’aborder le refus d’un contact ⚠ sans jamais mettre un élève en situation.
L’accueil et la séparation est le contenu n° 1 de septembre, et il n’existe à aucun autre niveau. ⚠ On se dit au revoir, et on ne part jamais en cachette : c’est le message le plus utile qu’une école puisse transmettre aux familles en septembre, parce qu’un départ en cachette fait beaucoup plus de mal qu’un chagrin. ⚠ Le doudou est accessible à tout moment — un doudou confisqué n’aide personne. Et trois places à moi — portemanteau, étiquette, place au regroupement — construisent l’appartenance : ⚠ ma place existe même quand je ne suis pas là.
Devenir autonome traite ce qui occupe réellement le temps : le manteau, les toilettes, le repos, le rangement. ⚠ La technique du manteau retourné (posé par terre, capuche vers soi, les deux bras, on fait passer par-dessus la tête) rend autonome en trois semaines. ⚠ On ne gronde jamais un accident de propreté, et ⚠ on ne fait jamais attendre un élève qui demande les toilettes. Le temps de repos n’est pas la sieste : ⚠ personne n’est forcé de dormir, mais tout le monde se repose. Et la vraie difficulté est ailleurs : ⚠ l’adulte qui attend, alors que faire à la place serait dix fois plus rapide.
Période 2
Le fil rouge de la période est je commence à faire tout seul, et je vois qu’il y a les autres. La séparation est acquise pour la plupart, et deux contenus nouveaux apparaissent : mettre deux mots ensemble, et attendre son tour.
⚠ Une règle gouverne toute la période, et elle consiste à ne rien changer. Le rituel du matin, le comptage quotidien, l’écoute et les comptines, la chanson de bonjour, la chanson de rangement, la ronde, les places marquées au sol : rien ne bouge après les vacances. Le retour de novembre est une petite rentrée, certains élèves repleurent, et retrouver exactement le même cadre est ce qui raccourcit la réadaptation. ⚠ Ce qui progresse, c’est la participation, pas le contenu.
⚠ Et décembre est le mois le plus déstabilisant de l’année en petite section : spectacle, décorations, horaires modifiés, visiteurs. Chaque changement s’annonce le matin même et se montre sur le train de la journée. On ne surcharge pas la période.
01 — Langage oral et écrit
| Sous-domaine | Séquence | Volume |
|---|---|---|
| 01 Langage oral | Deux mots ensemble, et raconter avec une photo | 3 séances |
| 02 Lexique | Les mots de l’hiver et les mots pour agir | 3 séances |
| 03 Comprendre des histoires | L’histoire qui se répète | 3 séances |
| 04 Écoute et comptines | Programme P2 : écouter et frapper | 7 semaines |
| 05 Les premières traces | Les ronds, les traits, et mon étiquette | 4 séances |
Le langage oral fait passer du mot isolé à deux mots ensemble. Deux techniques d’adulte portent toute la séquence : ⚠ rajouter un mot à ce que l’élève a dit, et surtout ⚠ laisser un blanc en fin de phrase — « tu veux de… » — qui produit plus de langage qu’une question directe. Trois sortes de questions sont distinguées, de la plus facile à la plus difficile : oui ou non, choisir entre deux, nommer. ⚠ « Qu’est-ce que c’est » est la plus difficile, et la poser trop souvent installe le silence. Enfin, la nouveauté : évoquer, avec une photo prise le matin même — ⚠ un élève de PS ne se souvient pas d’hier sans support.
Le lexique installe quatre vêtements et le premier couple de contraires de la scolarité : chaud et froid, qui passe par le corps. ⚠ Le matériel d’habillage est fourni par l’école, et on ne commente jamais les vêtements d’un élève — l’hiver rend ce marqueur social criant. Trois verbes d’action seulement, ⚠ dits pendant le geste, jamais détachés de la situation. Et un fait décisif pour l’adulte : ⚠ je comprends plus de mots que je n’en dis — évaluer la production seule sous-estime massivement les élèves.
La compréhension découvre l’album à structure répétitive, qui est le support idéal de la PS : la même phrase revient à chaque page, ⚠ et c’est le premier moment où un élève de trois ans peut anticiper ce qui va être dit. L’écoute passe à quatre minutes. Deux personnages seulement. ⚠ « On ne s’en lasse pas » est un fait à connaître : l’adulte se lasse bien avant l’élève, et changer d’album trop tôt supprime le bénéfice. La séquence se termine par la première catégorisation d’écrits : l’album et l’imagier ne se lisent pas pareil.
L’écoute et les comptines ajoutent les cris d’animaux, le contraste fort et doux, et deux nouvelles comptines — quatre en tout. Le contenu nouveau est corporel : frapper dans ses mains en même temps que le groupe. ⚠ C’est très difficile à trois ans, on frappe souvent à côté, et ce n’est pas grave. ⚠ Et on ne frappe pas les syllabes en PS : on marque un rythme, ce qui est un geste moteur, pas une analyse de la langue.
Les premières traces installent deux tracés : le rond et le trait vertical, avec le passage obligatoire en trois étapes — en l’air, au doigt, sur la feuille. ⚠ Un rond ouvert est un rond, et on ne corrige pas. Pour remplir un espace, une astuce vaut mieux que toutes les consignes : ⚠ une forme découpée posée sur la feuille, dont le bord physique arrête la main. L’étiquette se cherche maintenant parmi six, ⚠ et la photo reste dessus toute l’année.
02 — Premiers outils mathématiques
| Sous-domaine | Séquence | Volume |
|---|---|---|
| 01 Découvrir les quantités | Encore un : ajouter, enlever, donner deux | 3 séances |
| 02 Le comptage quotidien | Programme P2 : le comptage quotidien | 7 semaines |
| 03 Trier et ranger | Pareil ou pas pareil : les paires | 3 séances |
Les quantités visent un objectif sérieux : ⚠ donner exactement deux objets sur demande. Et la séquence tient dans un outil : ⚠ la boîte à deux cases — sans support matériel, la quantité deux n’est pas stable et l’élève prend une poignée. « Encore » est traité comme un mot mathématique, parce qu’il exprime l’ajout et que les élèves l’emploient déjà. Enfin, « autant » se travaille par appariement, pas par comptage : ⚠ poser un gobelet sur chaque assiette est plus sûr que de compter, y compris pour un adulte.
Le comptage quotidien ne bouge pas : cinq minutes, deux moments, la comptine jusqu’à 5, ⚠ et l’adulte compte pendant que les élèves suivent. Contenu nouveau : montrer un doigt, puis deux — ⚠ un geste moteur difficile, et on accepte n’importe quels deux doigts. ⚠ Les doigts sont toujours autorisés, et ils le resteront jusqu’au CM2.
Le tri devient appariement : retrouver deux objets identiques, ⚠ avec de vrais objets et pas des cartes. Un apprentissage à part entière apparaît : ⚠ associer une photo à un objet réel — la correspondance entre le volume et l’image plate n’est pas évidente à trois ans, et c’est précisément ce qui rend les photos sur les boîtes efficaces. Le carré rejoint le rond, reconnu ⚠ en suivant le bord avec le doigt : les coins, ça pique un peu.
03 à 07 — Autres domaines
| Dossier | Séquences |
|---|---|
| 03 Temps et espace | D’abord et après (3 séances) · Devant, derrière, et l’objet caché (3 séances) · Programme P2 : les rituels du matin (7 semaines) |
| 04 Matière et objets | L’eau et le froid (3 séances) · Dur et mou (3 séances) |
| 05 Activités physiques | Monter, descendre, ramper, rouler (3 séances) · Danser et s’arrêter (3 séances) |
| 06 Activités artistiques | Les empreintes et une nouvelle couleur (3 séances) · Fort et doux (3 séances) |
| 07 Devenir élève et EVAR | EVAR séance 2 (3 séances) · Jouer avec les autres (4 séances) · L’hiver et le repas (3 séances) |
Le temps installe d’abord et après, ⚠ sur deux images seulement, et sur une action vécue — jamais sur une histoire : la succession se comprend d’abord dans son propre corps. Le dispositif le plus efficace est une erreur volontaire : mettre les chaussures avant les chaussettes, ça ne marche pas, ⚠ et ça fait rire, ce qui enseigne mieux qu’une explication. Le progrès de la période est ailleurs : montrer le wagon d’après, car anticiper est plus difficile que reconnaître.
L’espace ajoute devant et derrière — cinq mots en tout — ⚠ compris, pas nommés, et travaillés avec le corps entier avant l’objet. « Derrière » est le plus difficile, parce qu’il suppose de ne plus voir. Le jeu de l’objet caché montre que si j’écoute, je trouve vite. ⚠ Et on cherche un objet, jamais une personne : le cache-cache avec les élèves peut angoisser, et un élève caché est un élève hors de vue.
Les rituels du matin ne changent pas — ⚠ et c’est la seule progression du classeur qui consiste à ne rien changer. Un contenu nouveau apparaît pourtant : rester dix minutes au regroupement, avec ⚠ sa place marquée au sol et un coin de repli accessible. Et une clé de lecture pour l’adulte : ⚠ se lever n’est pas désobéir, c’est la fin de l’attention disponible — les confondre est l’erreur la plus fréquente en petite section.
La matière explore l’eau et le froid. Le glaçon est le meilleur support de la période : il est dur, il est froid, il glisse, et il disparaît — quatre propriétés perceptibles en une séance. ⚠ On regarde plusieurs fois dans la matinée : on ne voit pas un glaçon fondre en direct, exactement comme un semis. Pour la flottaison, ⚠ deux mots du corps remplacent les mots savants : « il reste en haut » et « il va au fond », et ⚠ on constate, on n’explique pas.
Les objets installent le deuxième couple de contraires : dur et mou, ⚠ avec un critère tactile, ce qui est nouveau — jusque-là, les tris se faisaient visuellement. Et une première rencontre décisive : ⚠ on ne voit pas si c’est dur, il faut toucher — c’est « mes yeux se trompent » en germe. La pâte à modeler est, avec la pince à linge, l’outil de motricité fine le plus rentable de l’année.
Les activités physiques travaillent le geste le plus contre-intuitif de la maternelle : ⚠ descendre. On prépare les élèves à monter, rarement à descendre, alors que c’est là que se produisent les chutes. La technique s’enseigne : s’asseoir sur le bord et glisser. ⚠ Ramper muscle le haut du corps et prépare directement la tenue du crayon — un bénéfice largement ignoré. ⚠ Pas de roulade avant en PS ; on roule sur le côté.
La danse poursuit un seul objectif : ⚠ s’arrêter. L’inhibition motrice est un contenu majeur de la petite section, et elle se travaille partout — en salle, en musique, au rangement. ⚠ S’asseoir à l’arrêt rend l’immobilité accessible, car rester debout immobile est très difficile à trois ans. ⚠ Et aucune élimination : le jeu des statues classique élimine, et il n’a pas sa place en maternelle. ⚠ L’adulte danse avec les élèves — un adulte qui observe depuis le bord ne fait pas danser une classe de PS.
Les arts visuels découvrent l’empreinte, en deux temps seulement — ⚠ glisser n’est pas une faute, et « lever tout droit » viendra en moyenne section. Une troisième couleur apparaît, le jaune : ⚠ une nouvelle par période, parce que six couleurs en même temps produisent du marron et rien d’autre — et ⚠ le marron n’est pas un échec. La séquence installe enfin les deux règles du regard : je dis ce que je vois, pas si c’est beau.
Les univers sonores portent le répertoire à quatre chansons et travaillent les nuances. L’astuce de la séquence rend l’arrêt possible : ⚠ je pose l’instrument sur mes genoux — tenir un instrument sans en jouer est presque impossible à trois ans. Pour l’écoute, ⚠ s’allonger, et retrouver les mêmes musiques qu’en danse : le corps a déjà répondu à cette musique.
L’EVAR séance 2 est ⚠ strictement identique à celle du CE1. Elle commence par ⚠ relire l’affiche de la séance 1, restée en place depuis la période 1 — la mémoire d’un élève de PS a besoin du support. Trois émotions, dont la peur, ⚠ repérées dans le corps : le ventre serré est une information, pas une métaphore. La formulation centrale articule le ressenti et le geste : ⚠ aucune émotion n’est interdite, mais on ne tape pas. Et la troisième situation jouée par les marionnettes — le secret qui fait peur — ⚠ ne se retire jamais du scénario.
Jouer avec les autres traite ce qui occupe réellement les journées. ⚠ Le sablier transforme l’attente : ce n’est plus l’adulte qui refuse, c’est le sable qui descend, et le conflit change de nature. Mais cela suppose que ⚠ l’adulte tienne systématiquement sa promesse — une promesse non tenue détruit l’attente pour longtemps. Trois gestes sont nommés comme interdits, ⚠ et mordre et taper sont fréquents à trois ans : on sépare, on met des mots, on ne culpabilise pas. ⚠ On ne demande jamais d’embrasser pour se réconcilier — c’est contraire à tout ce que dit l’EVAR. Enfin : ⚠ le jeu parallèle est une étape du développement, pas un déficit, et exiger le partage à trois ans produit des conflits sans rien construire.
L’hiver et le repas ajoute une astuce qui change les récréations de décembre : ⚠ les gants en dernier, toujours — sinon on ne peut plus rien faire. Et une information utile aux familles : ⚠ les moufles plutôt que les gants, car mettre chaque doigt dans son logement est presque impossible à trois ans. Au repas, ⚠ les pieds au sol, comme en graphisme. ⚠ On ne force jamais à manger, on ne félicite pas celui qui finit, et on ne compare jamais les assiettes. Le vrai progrès est ailleurs : ranger sans qu’on le dise, au signal de la chanson — c’est le passage de la consigne au repère.
Période 3
Le fil rouge de la période est je fais tout seul, et je peux dire ce que je préfère. Deux mouvements se croisent : l’autonomie corporelle devient réelle — chaussures, fermeture éclair, mouchoir, toilettes — et le langage passe de deux à trois mots ensemble, avec l’apparition de « moi ».
⚠ La période 3 est la première où l’on peut vraiment ajouter. Les périodes 1 et 2 installaient et répétaient ; ici, chaque domaine reçoit un ajout, et un seul : une couleur (le vert), une forme (le triangle), une quantité (trois), un mot de position (à côté), un couple de contraires (mouillé / sec), une règle de classe (on range ce qu’on a pris), un outil dans le rituel (la frise des jours). ⚠ Empiler davantage fait perdre les acquis.
⚠ Et l’hiver structure la période : la mangeoire, le glaçon, le froid, l’habillage. Ces contenus ne sont pas décoratifs — ce sont les seuls phénomènes que des élèves de trois ans peuvent observer réellement, dehors, tous les jours.
01 — Langage oral et écrit
| Sous-domaine | Séquence | Volume |
|---|---|---|
| 01 Langage oral | Je dis ce que je veux, et ce que je préfère | 3 séances |
| 02 Lexique | Les contraires que je connais | 3 séances |
| 03 Comprendre des histoires | Les animaux des histoires | 3 séances |
| 04 Écoute et comptines | Programme P3 : le prénom et la pulsation | 7 semaines |
| 05 Les premières traces | Les traits, les points, et mon étiquette | 4 séances |
Le langage oral passe à trois mots ensemble, avec les deux mêmes techniques d’adulte qu’en période 2 — rajouter un mot, laisser un blanc. La nouveauté est ailleurs : « moi » apparaît, ⚠ et il arrive tout seul : on l’accueille, on ne le corrige pas — son apparition marque la construction du sujet. La séquence installe ensuite le choix : ⚠ on choisit entre deux objets de la classe, jamais entre deux objets de la maison, parce qu’un choix entre deux jouets personnels expose immédiatement les écarts. Et une découverte étonnante à trois ans : ⚠ on ne choisit pas tous la même chose, et personne n’a tort. Enfin, le contenu social de la période : s’adresser à un camarade plutôt qu’à l’adulte, ⚠ ce qui suppose que l’adulte ne réponde pas à sa place — et c’est très difficile pour l’adulte.
Le lexique consolide les trois couples connus et n’en ajoute qu’un : mouillé et sec. ⚠ Un couple par période, et on reprend les autres. Comme dur et mou, il passe par le toucher : ⚠ les contraires accessibles en PS sont ceux que le corps perçoit. Le second temps s’installe au coin cuisine, qui est l’espace le plus fréquenté de la petite section : ⚠ on nomme en jouant, jamais en leçon, et ⚠ l’adulte qui joue avec produit plus de vocabulaire qu’un imagier. Mettre la table est aussi la situation mathématique du dossier 02. ⚠ Aucun contraire n’est jamais appliqué à un élève, et on ne commente jamais les rôles familiaux.
La compréhension suit deux animaux dans une histoire — ⚠ deux, quand la MS en suit six. La question progresse : après « qui est-ce », voici « qu’est-ce qu’il fait », ⚠ « qu’est-ce qu’il veut » restant pour la moyenne section, parce qu’inférer une intention est hors de portée. ⚠ Mimer est une réponse complète, et souvent plus précise qu’un mot. La marotte confirme son statut d’outil le plus rentable de la PS : ⚠ quand je tiens le personnage, je parle plus — et ⚠ raconter un moment suffit, le récit complet relève de la MS. ⚠ Aucune histoire avec mort d’animal ni prédation : les fables classiques en contiennent souvent.
L’écoute et les comptines franchissent une étape importante : reconnaître son prénom à l’oral. ⚠ C’est le premier repérage sonore de la scolarité, et c’est aussi ⚠ un indicateur précieux — un élève qui n’y réagit pas en fin de période doit être vu, les otites séreuses étant très fréquentes en hiver. Deux bruits proches remplacent les bruits contrastés : l’écoute devient analytique. Et la pulsation apparaît : ⚠ régulier ne veut pas dire rapide, ⚠ marcher sur la pulsation est bien plus facile que frapper des mains, et ⚠ on ne frappe toujours pas les syllabes en PS. Six comptines en tout.
Les premières traces ajoutent le trait horizontal et le point — quatre tracés en tout. L’outil de la séquence est simple et décisif : ⚠ deux gommettes, une au départ et une à l’arrivée — sans but visible, le trait s’arrête au milieu. Le point est un geste d’arrêt, ⚠ et c’est ce qui le rend difficile, exactement comme arrêter de jouer d’un instrument. La pince apparaît : ⚠ pouce et index, c’est exactement le geste du crayon, et c’est le lien le plus direct entre motricité fine et écriture. L’étiquette se cherche parmi huit, et se pose désormais sur son dessin : ⚠ c’est le premier usage de l’écrit pour signer.
02 — Premiers outils mathématiques
| Sous-domaine | Séquence | Volume |
|---|---|---|
| 01 Découvrir les quantités | Jusqu’à trois | 3 séances |
| 02 Le comptage quotidien | Programme P3 : les doigts et le rang | 7 semaines |
| 03 Trier et ranger | Trois couleurs, et le triangle | 3 séances |
Les quantités visent donner exactement trois objets. ⚠ Le passage de deux à trois n’est pas un petit pas : deux se perçoit d’emblée, trois demande déjà une organisation. La barquette reste l’outil : ⚠ sans contenant, la collection n’existe pas pour l’élève. Le principe cardinal — le dernier mot dit combien — ⚠ s’énonce en PS, ne s’exige pas, et se construit jusqu’à la GS. Enfin, la distribution : ⚠ distribuer marche sans compter, et c’est précisément pourquoi elle précède le comptage.
Le comptage quotidien reste dans le rituel, cinq minutes, jamais un créneau séparé. Ajout de la période : trois doigts, ⚠ ce qui demande de plier les deux autres et relève de la motricité fine — l’aide physique de l’adulte est normale. ⚠ La main est le premier outil de numération, et elle reste disponible jusqu’au CP. Deux mots de rang apparaissent : le premier et le dernier, ⚠ et pas cinq. La question est plus affective que mathématique : ⚠ la liste affichée en photos décide, pas l’adulte, et ⚠ « être dernier est aussi une place » évite que le dernier soit vécu comme le perdant.
Le tri passe à trois couleurs — le jaune rejoint le rouge et le bleu — et à trois formes, avec le triangle. ⚠ On sent les coins, on ne les compte pas : compter les côtés est pour la MS. L’encastrement s’impose comme le meilleur outil de la petite section : ⚠ il est autocorrectif, l’élève sait tout seul s’il a réussi. Et la vraie découverte du triangle est celle-ci : ⚠ il faut le tourner, alors que le rond rentre dans tous les sens. La séquence se termine sur le rangement, ⚠ qui est un tri réel et la situation mathématique la plus fréquente de la journée.
03 à 07 — Autres domaines
| Dossier | Séquences |
|---|---|
| 03 Temps et espace | Les jours d’école et les jours sans école (3 séances) · Le chemin dans l’école (3 séances) · Programme P3 : les rituels du matin (7 semaines) |
| 04 Vivant et objets | Les animaux de l’hiver (3 séances) · Ce qui roule et ce qui glisse (3 séances) |
| 05 Activités physiques | L’engin roulant (3 séances) · Lancer et faire rouler (2 séances) |
| 06 Activités artistiques | Ça tient debout (3 séances) · Frapper ensemble (3 séances) |
| 07 Devenir élève et EVAR | EVAR séance 3 (4 séances) · Nos trois règles (3 séances) · Je fais tout seul (3 séances) |
Le temps installe la frise des cinq jours, en photos d’école et de maison : ⚠ on ne nomme pas les jours en PS — « lundi » ne veut rien dire à trois ans. Le repère central de la période est ailleurs : ⚠ « après la nuit » remplace « demain », parce que le sommeil est le seul séparateur de jours réellement perçu. La sieste coupe la journée en deux, ⚠ et c’est un repère majeur qui disparaîtra en MS. Le progrès de la période sur la frise de la journée : montrer la case suivante. ⚠ Et « quand je sais ce qui arrive, j’ai moins peur » est un contenu affectif autant que temporel.
L’espace installe trois lieux — la classe, les toilettes, le dortoir — avec leur photo à la porte, ⚠ à hauteur d’élève. L’acquisition la plus utile de la période est là : ⚠ aller seul aux toilettes, ce qui réduit massivement les accidents. Le sixième mot de position arrive : à côté, ⚠ facile parce qu’il est symétrique — aucune latéralisation n’est requise, et ⚠ la droite et la gauche sont pour le CP. Enfin, le chemin des gommettes au sol fait ce qu’aucune consigne ne fait, ⚠ et savoir revenir compte autant que savoir aller.
Les rituels du matin ne changent toujours pas, et reçoivent un seul ajout : la frise des jours. Deux progrès pour les élèves : poser son étiquette seul — ⚠ l’adulte ne la donne plus, et il aura fallu deux périodes entières — et le premier vrai rôle de l’année, avancer la pince du jour. ⚠ Il dure dix secondes, et c’est ce qui le rend tenable. ⚠ La liste affichée décide, ce qui évite tous les conflits, et ⚠ on ne retire jamais un rôle : ce n’est ni une récompense ni une punition.
Le vivant installe la mangeoire, observée derrière la vitre. ⚠ « On regarde, on ne touche pas » est la règle du vivant de toute l’année, posée en période 1 avec les plantes et reprise ici à l’identique. Deux oiseaux, ⚠ et la couleur suffit à les distinguer. Le contenu scientifique réel est celui-ci : ⚠ il faut attendre — les oiseaux ne viennent pas sur commande. Et un argument qui fonctionne là où une consigne échoue : ⚠ on ne crie pas, sinon ils partent. Le glaçon laissé dehors une nuit relie hiver, chaud/froid et « après la nuit » : ⚠ trois domaines, une seule expérience.
Les objets trient ce qui roule et ce qui ne roule pas — ⚠ deux résultats, et pas trois : le cylindre est écarté, parce qu’il roule dans un seul sens et que la confusion est ingérable à cet âge. La démarche est la même depuis la période 1 : ⚠ on essaie, on ne devine pas — l’objet est l’autorité, pas l’adulte. La roue est la première pièce technique rencontrée, et elle relie l’objet, le rond et l’engin de la salle. Le plan incliné introduit une première mesure : ⚠ une gommette au sol garde le résultat, sans compter. Et la contrainte expérimentale la plus difficile de la PS : ⚠ on lâche, on ne pousse pas.
Les activités physiques abordent l’engin roulant. ⚠ Le porteur, pas la draisienne : les pieds touchent le sol en permanence, et c’est la condition de sécurité. ⚠ Le casque est fourni par l’école, pour tout le monde — demander aux familles d’en apporter crée une inégalité immédiate et visible. ⚠ Les pieds sont le seul frein, et deux images suffisent : rouge et vert, ⚠ l’orange étant pour la MS. Mais la vraie difficulté n’est pas motrice : ⚠ il n’y a pas un engin pour chacun. Deux outils la résolvent : le banc, qui donne une place à l’attente, et la comptine du tour — ⚠ ce n’est pas l’adulte qui décide, et c’est ce qui rend l’attente acceptable.
Le lancer demande une cible énorme : ⚠ à trois ans, la précision n’existe pas encore, et une cible étroite ne produit que de l’échec. Le contenu réel est la synchronisation : ⚠ lâcher au bon moment, le geste du bras étant déjà là. Une seule consigne technique est utile : ⚠ je regarde la cible, pas ma main. Et la séance se termine par faire rouler, ⚠ plus accessible que lancer et beaucoup plus riche en réussites — avec une découverte contre-intuitive : ⚠ doucement marche mieux.
Les arts visuels entrent dans le volume. Trois gestes des mains, ⚠ et aucun outil : les emporte-pièces viennent après. Le défi « ça tient debout » est un vrai problème technique, ⚠ et il est autocorrectif : la pâte répond, l’adulte n’a rien à dire. ⚠ Recommencer est l’activité, pas l’échec de l’activité. Le volume se distingue du dessin par un fait observable : ⚠ on peut tourner autour. Une quatrième couleur, le vert. Et une question à ne jamais poser : ⚠ « qu’est-ce que c’est ? » — à trois ans, la forme naît du geste, pas d’un projet. ⚠ La grande feuille collective est un outil anti-comparaison autant qu’artistique.
Les univers sonores reprennent la pulsation, en instruments cette fois. Un ordre est indispensable : ⚠ explorer, puis jouer — demander « doucement » avant que l’élève ait épuisé le plaisir du bruit ne fonctionne pas. ⚠ Marcher en frappant est plus facile que frapper assis. ⚠ Quelques secondes d’ensemble suffisent, et on le dit aux élèves. Le signal d’arrêt est le contenu transversal de la période : il se retrouve en danse, sur l’engin roulant, et dans le point tracé. Six chansons, ⚠ et aucun élève ne chante seul.
L’EVAR séance 3 est ⚠ strictement identique à celle de la MS, de la GS, du CP et du CE1 : les trois phrases, « ce n’est jamais de ma faute », « il n’y a pas de secret qui fait mal au ventre », le 119. ⚠ Ce qui change est le support, pas le message : les marionnettes portent tout, les photos remplacent les prénoms écrits, montrer remplace dire. La séance « je grandis » suppose une condition matérielle : ⚠ on part des traces, pas des souvenirs — sans dessin daté de septembre, elle n’a aucun support. La séance sur les copains comporte ⚠ la dérive la plus fréquente de l’EVAR en maternelle : demander qui est l’ami de qui, ce qui désigne publiquement les élèves que personne ne nomme. Et une phrase à dire aux adultes autant qu’aux élèves : ⚠ en petite section, on joue surtout à côté, et un élève qui joue seul ne va pas mal.
Nos trois règles porte le règlement de la classe à trois règles en images — une par période. ⚠ On montre l’image, on ne réexplique pas : l’affiche arrête un conflit plus vite que n’importe quel discours, et c’est vérifiable. ⚠ Une photo de notre classe marche mieux qu’un pictogramme du commerce, et ⚠ on ne met jamais la photo d’un élève sur une affiche de règle. « Je dis au lieu de faire » suppose que les mots existent, ⚠ et taper et mordre sont des symptômes de manque de mots, pas de méchanceté. Enfin, aider apparaît, avec exactement la règle qu’on donne aux grands d’une classe multi-niveaux : ⚠ je montre, je ne fais pas à la place, et ⚠ je demande avant d’aider.
Je fais tout seul traite les gestes qui occupent réellement les journées : chaussures, fermeture éclair, mouchoir, boire. ⚠ L’autonomie est un enseignement, pas une attente : elle se décompose en trois étapes maximum, s’affiche en photos de la classe, et se travaille en atelier. Une astuce vaut pour tout : ⚠ s’entraîner à plat avant sur soi — une fermeture cousue sur un carré de tissu isole le geste de la contrainte posturale. ⚠ Engager le bas reste le geste de l’adulte toute l’année, et ⚠ on ne fait pas les lacets en PS. Trois interdits encadrent la séquence : ⚠ ne jamais demander aux familles d’acheter un équipement, ⚠ ne jamais commenter les vêtements, ⚠ ne jamais comparer deux élèves sur leur autonomie — les écarts renvoient directement aux pratiques familiales. Et la vraie difficulté est celle de l’adulte : ⚠ laisser le temps, alors que faire à la place va cinq fois plus vite et n’apprend rien.
Période 4
Le fil rouge de la période est je fais avec les autres, et je peux dire ce que j’ai fait. Deux mouvements nouveaux : le jeu à deux apparaît — construire une seule tour, faire rouler un ballon vers quelqu’un, répondre à un camarade — et l’évocation devient possible, à condition d’avoir une photo.
⚠ La période 4 est celle où l’adulte cesse de préparer. L’élève va chercher son matériel, pose son étiquette en arrivant sans qu’on le lui dise, choisit son outil de peinture, décide s’il faut arroser. Ce sont quatre gestes différents, mais un seul contenu : ⚠ le passage de la consigne au repère.
⚠ Et le printemps donne enfin des phénomènes observables : l’arbre qui reverdit, le semis qui pousse, le bonnet qu’on enlève. Ces contenus ne fonctionnent qu’à une condition, ⚠ et elle se décide en septembre : avoir photographié l’arbre et les élèves dès la rentrée.
01 — Langage oral et écrit
| Sous-domaine | Séquence | Volume |
|---|---|---|
| 01 Langage oral | Je dis ce que j’ai fait | 3 séances |
| 02 Lexique | Les mots pour agir, et les mots du printemps | 3 séances |
| 03 Comprendre des histoires | Le livre qui montre des vraies choses | 3 séances |
| 04 Écoute et comptines | Programme P4 : la voix et les vitesses | 7 semaines |
| 05 Les premières traces | Croiser les traits, et le zigzag | 3 séances |
Le langage oral entre dans l’évocation. ⚠ Sans photo, un élève de PS ne se souvient pas — et la photo est prise le matin même, regardée l’après-midi : ⚠ c’est ce matin, pas hier. Le connecteur « après » apparaît, ⚠ et il suffit : « parce que » relève de la moyenne section. Deux photos, jamais quatre. Enfin, le contenu social : répondre à un camarade, ⚠ ce qui suppose que l’adulte se taise — la condition la plus difficile à tenir de la séquence. ⚠ « J’ai faisé » est un progrès, pas une faute, et on ne corrige jamais une forme du passé.
Le lexique porte les verbes d’action à cinq, ⚠ dits pendant le geste. La donnée la plus utile de la séquence dépasse largement le lexique : ⚠ une consigne à deux verbes échoue, et cela vaut pour toute la journée. Le cinquième couple de contraires arrive — plein et vide — ⚠ sur un geste déjà connu depuis la période 1, le transvasement : on ajoute le mot sur une action installée, et ⚠ aucun cas intermédiaire, parce que « un peu plein » rend le couple inutilisable. La sortie de printemps installe trois mots vus dehors, ⚠ et rien ne va à la bouche : certaines plantes ornementales de cour d’école sont toxiques.
La compréhension trie deux sortes de livres. ⚠ Dessiné ou photographié est le seul critère accessible à trois ans, et il est purement perceptif — la MS travaillera la fonction du documentaire. Une vraie découverte : ⚠ le livre de photos, on l’ouvre où on veut. La recherche d’une image est un travail moteur autant que cognitif : ⚠ tourner une page à la fois, et ⚠ s’arrêter quand on a trouvé — encore de l’inhibition. Enfin, connaître la fin d’une histoire, ⚠ ce qui suppose cinq ou six lectures : sans cette relecture, la séance n’a aucun contenu.
L’écoute et les comptines ajoutent reconnaître la voix d’un camarade — un travail d’écoute fine qui est aussi un travail social. ⚠ Et c’est le seul risque de la séance : la moquerie sur la voix, qu’on arrête immédiatement. Le jeu vocal (fort, doux, grosse voix, petite voix) ⚠ prépare la phonologie sans en faire : moduler affine le contrôle vocal, qui servira à la syllabe en MS. La pulsation reçoit deux vitesses, ⚠ et c’est l’adulte qui les donne. Huit comptines. ⚠ Toujours pas de syllabes.
Les premières traces ajoutent la croix et le zigzag — six tracés en tout. Croiser est nouveau : ⚠ il faut viser un point déjà tracé, et ⚠ la gommette centrale est l’outil de la séance — sans elle, les deux traits se posent côte à côte sans se toucher. Pour le quadrillage, ⚠ tous les verticaux d’abord, puis tous les horizontaux : alterner est hors de portée. Le zigzag est ⚠ le tracé le plus coûteux de la petite section — il demande d’inhiber le geste continu — et ⚠ on le propose sans l’exiger. Enfin, l’étiquette se cherche parmi douze, et un progrès social apparaît : retrouver celle d’un camarade, ⚠ ce qui permet de distribuer, donc de rendre un service réel.
02 — Premiers outils mathématiques
| Sous-domaine | Séquence | Volume |
|---|---|---|
| 01 Découvrir les quantités | Trois, et un de plus | 3 séances |
| 02 Le comptage quotidien | Programme P4 : quatre doigts et la bande | 7 semaines |
| 03 Trier et ranger | Le grand et le petit : trier autrement | 3 séances |
Les quantités ne vont pas à quatre : elles travaillent la transformation. ⚠ « Un de plus » et « un de moins », et ⚠ enlever est plus difficile qu’ajouter — cet écart dure jusqu’au CP. La comparaison reste perceptive : ⚠ elle n’est possible qu’entre deux collections très contrastées, et elle échoue dès que la taille des objets varie — d’où des jetons rigoureusement identiques. La méthode sûre est l’appariement : ⚠ plus fiable que le comptage, y compris pour un adulte. Enfin, « est-ce qu’il y en a assez » : ⚠ « il en manque » se voit, il ne se calcule pas, et aller chercher ce qui manque est la première résolution de problème de la scolarité.
Le comptage quotidien ajoute quatre doigts, avec un fait moteur méconnu : ⚠ quatre est plus facile que trois, parce que le pouce se plie spontanément et que les quatre autres restent ensemble. La bande numérique devient un outil : ⚠ un pion qu’on déplace, sinon l’élève saute des cases, et ⚠ « avancer, c’est ajouter » — la première représentation linéaire du nombre, qui servira jusqu’au CE1. ⚠ On n’avance que : reculer relève de la MS.
Le tri change de critère : la taille. ⚠ Un nouveau critère, pas un critère de plus — toujours un seul à la fois, et ⚠ les objets sont identiques sauf la taille. ⚠ La sériation est hors de portée : ranger du plus petit au plus grand suppose de comparer chaque objet aux deux autres. Les gigognes confirment la supériorité du matériel autocorrectif : ⚠ ça ne rentre que dans un sens. Et « le plus grand en bas » relie le tri, la construction et le modelage de la période 3.
03 à 07 — Autres domaines
| Dossier | Séquences |
|---|---|
| 03 Temps et espace | Ce qui a changé depuis la rentrée (3 séances) · En haut et en bas : les lieux de la cour (3 séances) · Programme P4 : les rituels du matin (7 semaines) |
| 04 Vivant et ciel | Ça pousse : les plantes du printemps (3 séances) · Le jour et la nuit (3 séances) |
| 05 Activités physiques | Le ballon, à deux (3 séances) · Danser avec un foulard (2 séances) |
| 06 Activités artistiques | Les traces avec des outils (3 séances) · Chanter tous ensemble (3 séances) |
| 07 Vivre ensemble | Mon rôle dans la classe (3 séances) · Jouer avec un camarade (3 séances) · Je fais tout seul, et je range (3 séances) |
Le temps aborde le temps long, et il n’y a qu’une façon de le faire : ⚠ on part des traces, pas des souvenirs. Deux moments seulement — avant et maintenant — ⚠ trois rendent la comparaison impossible. « On ne se voit pas grandir » est ⚠ le même contenu qu’en EVAR séance 3, et les deux séances se répondent. Le printemps se lit sur ⚠ l’arbre photographié chaque mois, ⚠ et cette décision se prend en septembre : lancé en mars, il ne montre rien. ⚠ On ne mesure jamais les élèves.
L’espace sort dans la cour, qui est un espace ouvert — ⚠ beaucoup plus difficile qu’un couloir. Le vrai repère n’est pas un lieu : ⚠ c’est l’adulte, avec son gilet de couleur — à trois ans, on se repère par rapport à une personne. Deux mots nouveaux, en haut et en bas, ⚠ faciles parce que verticaux et perçus par le corps. Et le signal de rassemblement doit être ⚠ sonore et visuel : dehors, le son seul ne suffit pas.
Les rituels du matin passent à douze minutes — ⚠ deux de plus par période, et pas davantage — et reçoivent un seul ajout : un deuxième rôle, distribuer les étiquettes. ⚠ Ce rôle suppose de reconnaître le prénom d’un camarade, ce qui vient d’être travaillé en traces, et ⚠ trois étiquettes suffisent. Le progrès de la période : poser son étiquette en arrivant, sans rappel — ⚠ il aura fallu trois périodes entières, et ⚠ c’est l’emplacement du tableau, à côté de la porte et à hauteur d’élève, qui fait le geste.
Le vivant sème à nouveau, et ajoute les besoins. Deux seulement : ⚠ l’eau et la lumière. L’obstacle réel est ailleurs : ⚠ « on ne voit plus la graine, et elle est toujours là » — la permanence de l’objet enfoui n’a rien d’évident, et ⚠ le verre transparent est la seule réponse. Le doigt dans la terre réutilise « mouillé et sec » dans une vraie décision : ⚠ c’est le meilleur réemploi de lexique de l’année. Et ⚠ le pot dans le placard est l’expérience la plus démonstrative de la petite section. ⚠ Prévoir des semis de réserve : un pot qui n’a pas poussé est une vraie déception.
Le ciel distingue le jour et la nuit. ⚠ Clair ou noir est le seul indice, et ⚠ on ne donne aucune explication : la rotation de la Terre est hors de portée, et une explication fausse s’installe durablement. Deux contenus non négociables : ⚠ on ne regarde jamais le soleil, même une seconde, et ⚠ « il y a quand même de la lumière la nuit », parce que la peur du noir est massive à cet âge. L’ombre ⚠ se joue, elle ne s’explique pas. ⚠ Et on ne parle jamais de l’heure du coucher.
Le ballon introduit l’échange. ⚠ Assis avant debout : la position assise limite la distance et rend l’échange possible. ⚠ On roule, on ne lance pas à un camarade — un ballon qui arrive en l’air fait peur. ⚠ Recevoir est beaucoup plus difficile qu’envoyer, et c’est le point le plus sous-estimé. Mais la vraie difficulté n’est pas motrice : ⚠ il faut être deux, et attendre l’autre apparaît tout juste à cet âge. Nouveauté : pousser du pied, ⚠ qui demande l’équilibre sur un pied.
La danse ajoute un objet : le foulard. ⚠ Il tombe lentement, ce qui laisse le temps de regarder, et il prolonge le geste, ce qui le rend visible — aucun autre objet ne fait les deux. Trois gestes, ⚠ montrés et non expliqués : l’imitation est le mode d’apprentissage dominant. Et une difficulté nouvelle : ⚠ arrêter son foulard est plus difficile qu’arrêter son corps. ⚠ Foulards courts, jamais autour du cou. ⚠ Et l’adulte danse avec.
Les arts visuels passent aux outils. ⚠ L’outil se découvre par sa trace, en mettant les trois côte à côte — aucune explication n’est nécessaire. ⚠ Le rouleau avant la brosse, et ⚠ aucun pinceau fin. Le contenu nouveau de la période est ailleurs : ⚠ choisir son outil — jusque-là, l’adulte donnait le matériel. Cinquième couleur, le noir, ⚠ la plus lisible de toutes, ce qui rend enfin les tracés visibles. Et une règle absolue : ⚠ aucune couleur n’est associée à une émotion, à une personne ni à un genre.
Les univers sonores chantent en collectif complet, ⚠ et c’est protecteur : on n’entend pas sa propre voix, ce qui est exactement ce qui permet à un élève timide de chanter. Huit chansons, ⚠ et on garde toutes les anciennes : le plaisir vient de la répétition, pas de la nouveauté. ⚠ Le geste identifie la chanson mieux que les paroles. L’écoute passe à une minute, allongé : ⚠ écouter sans bouger est un vrai objectif de fin de petite section, et la musique est la même qu’en danse — ⚠ le corps y a déjà répondu.
Mon rôle dans la classe porte les responsabilités à trois rôles, ajoutés un par un. ⚠ Un rôle dure quelques secondes, et c’est ce qui le rend possible. ⚠ La liste affichée en photos décide, pas l’adulte — le même mécanisme que la comptine du tour sur l’engin roulant, et il supprime la quasi-totalité des conflits. ⚠ On ne retire jamais un rôle : ce n’est ni une récompense ni une punition. Pour le matériel, ⚠ les arguments concrets fonctionnent, les morales non : « quand le feutre est sec, il ne marche plus » obtient ce que « il faut faire attention » n’obtient pas.
Jouer avec un camarade installe le jeu à deux, ⚠ sans jamais l’exiger : le jeu parallèle reste la norme à trois ans, et un élève qui joue seul ne va pas mal. Le dispositif fait tout le travail : ⚠ une seule tour et deux tas de cubes — la propriété reste individuelle, l’objet produit est commun. ⚠ « À deux, ça monte plus haut » est la première raison de coopérer, et elle est entièrement matérielle. La séquence reprend ⚠ « il a le droit de dire non », la phrase de l’EVAR, identique du PS au CM2. Et pour la réparation : ⚠ un geste, pas un mot — ⚠ on ne force jamais une excuse, et on ne demande jamais d’embrasser pour se réconcilier.
Je fais tout seul, et je range montre que ⚠ le matériel décide de l’autonomie : un tablier qui se noue dans le dos la rend impossible, quel que soit l’enseignement — ⚠ le choix du matériel est une décision pédagogique. Quatre étapes pour le lavage des mains, affichées au-dessus du lavabo. ⚠ On montre l’image au lieu de réexpliquer. Et le progrès de la période : ⚠ aller chercher son matériel — jusqu’ici, l’adulte préparait la table. ⚠ La chanson donne la durée du rangement, et ⚠ ranger sans qu’on le dise est l’autonomie de fin de petite section.
Période 5
Le fil rouge de la période est je sais faire beaucoup de choses, et je vais passer chez les moyens. C’est une période de bilan : ⚠ on n’ajoute presque rien, et on reprend tout — les cinq couples de contraires, les six tracés, les trois critères de tri, les sept mots de l’espace, les quatre jeux d’écoute, les dix comptines. ⚠ C’est la reprise qui installe, et une nouveauté de juin ne s’installe plus.
⚠ Deux ajouts seulement : un troisième rôle, et un troisième critère de la journée — quinze minutes de regroupement au lieu de douze.
⚠ Et une chose gouverne toute la période : ce qui n’a pas été photographié en septembre n’existe pas. Les cinq bilans de la période — le langage, le temps, les traces, les sciences, l’autonomie — reposent tous sur des traces datées. ⚠ Cette décision se prend à la rentrée, pas en juin.
⚠ Enfin, le passage en moyenne section se prépare, il ne s’annonce pas le dernier jour : on le dit plusieurs semaines avant, on visite plusieurs fois, ⚠ et on ne promet ni classe, ni enseignant, ni camarades.
01 — Langage oral et écrit
| Sous-domaine | Séquence | Volume |
|---|---|---|
| 01 Langage oral | Je dis ce que je sais faire, et je parle à plus grand que moi | 3 séances |
| 02 Lexique | Les mots de mon année, et les mots de l’été | 3 séances |
| 03 Comprendre des histoires | Mes livres de l’année | 3 séances |
| 04 Écoute et comptines | Programme P5 : la reprise et le bilan | 7 semaines |
| 05 Les premières traces | Tout ce que je sais tracer | 3 séances |
Le langage oral fait le bilan de l’année sur des photos — ⚠ et sur rien d’autre : à trois ans, la mémoire de l’année n’existe pas sans support. Les quatre réussites reprises sont ⚠ exactement celles de l’EVAR séance 3, et cette répétition est volontaire. La nouveauté est sociale : parler à un élève plus grand, ⚠ ce qui ne marche que si le grand est préparé — sans consigne, il devine, il finit les phrases et il fait à la place. ⚠ Trois mots restent l’objectif de fin d’année.
Le lexique reprend les cinq couples de contraires, un par période. ⚠ On n’en ajoute pas en juin, et l’écart de rythme avec la MS — qui en travaille huit en une seule période — est de l’ordre de un à cinq. ⚠ Les contraires accessibles en PS sont ceux que le corps perçoit : chaud, dur, mouillé, plein. Trois mots de l’été s’ajoutent, dont un qui est aussi un contenu de sécurité : ⚠ à l’ombre, c’est moins chaud, et on montre où elle est.
La compréhension rassemble tous les albums de l’année. ⚠ La reconnaissance ne se produit que si chaque album a été lu cinq ou six fois — un album lu une fois n’est pas reconnu. Choisir devient un vrai contenu : ⚠ on relit le livre choisi, sinon le choix est fictif, et un choix fictif ne s’installe pas. ⚠ « Pourquoi » n’est pas accessible : un mot suffit, et on n’attend pas de justification.
L’écoute et les comptines ne proposent rien de nouveau : les quatre jeux de l’année sont repris, ⚠ et c’est la reprise qui installe. Le répertoire monte à dix comptines, toutes conservées. Une distinction décisive apparaît pour le moment commun : ⚠ avec les grands, pas devant eux — chanter dans un groupe protège, chanter devant expose. ⚠ Et le créneau est maintenu jusqu’au dernier jour : c’est en juin qu’on est le plus tenté de l’abandonner, et c’est en juin qu’il protège le plus.
Les premières traces reprennent les six tracés de l’année. ⚠ Aucune lettre, jusqu’au dernier jour — la pression de fin d’année pour « préparer la MS » est réelle, souvent venue des familles, et elle est contre-productive. Le remplissage se fait avec l’astuce de la période 2 : ⚠ une forme découpée dont le bord physique arrête la main — un trait dessiné ne l’arrête pas. Et la pochette datée rend visible un progrès que personne ne perçoit au jour le jour : ⚠ c’est le meilleur outil de liaison avec la moyenne section.
02 — Premiers outils mathématiques
| Sous-domaine | Séquence | Volume |
|---|---|---|
| 01 Découvrir les quantités | Les vrais problèmes de la classe | 3 séances |
| 02 Le comptage quotidien | Programme P5 : les doigts, la bande, le bilan | 7 semaines |
| 03 Trier et ranger | Tout ce que je sais trier | 3 séances |
Les quantités travaillent sur de vrais problèmes de classe. ⚠ Le problème est matériel, pas numérique : « il en manque » se voit, « j’en cherche un » se fait, et aucun nombre n’intervient — la MS calcule combien il en manque. ⚠ Trois reste la limite de l’année, et on n’ajoute pas quatre en juin. L’appariement reste ⚠ plus sûr que le comptage, y compris pour un adulte, et ⚠ la non-conservation du nombre dure jusqu’au CP : on n’explique pas, on apparie.
Le comptage quotidien reste dans le rituel. Quatre quantités sur la main, une par période, ⚠ et on ne va pas à cinq. Le pion sur la bande empêche de sauter des cases, et ⚠ « avancer, c’est ajouter » est la première représentation linéaire du nombre. ⚠ Aucun chiffre à écrire, jusqu’au dernier jour — introduire l’écriture chiffrée « pour préparer la MS » n’a aucun bénéfice et beaucoup d’inconvénients.
Le tri reprend les trois critères de l’année, ⚠ jamais deux à la fois : croiser deux critères pour préparer la MS ne prépare rien et met en échec. Trois formes, ⚠ et le rectangle en moins — il se confond avec le carré tant qu’on ne compare pas les côtés. Enfin, le rangement de fin d’année est ⚠ le plus grand tri réel de la scolarité de PS, et il se fait sur plusieurs jours. ⚠ On ne vide pas la classe : une salle démontée désorganise les repères d’élèves qui se situent par l’emplacement.
03 à 07 — Autres domaines
| Dossier | Séquences |
|---|---|
| 03 Temps et espace | Notre année, et ce qui vient après (3 séances) · Toute l’école, et la classe des moyens (3 séances) · Programme P5 : les rituels du matin (7 semaines) |
| 04 Vivant et sciences | De la graine à la plante (3 séances) · Ce qu’on a appris en regardant (3 séances) |
| 05 Activités physiques | Courir, sauter, lancer (3 séances) · Le parcours de l’année (2 séances) |
| 06 Activités artistiques | Mon année en couleurs (3 séances) · On chante avec les grands (3 séances) |
| 07 Vivre ensemble | Grandir, et passer chez les moyens (3 séances) · Nos règles de l’année (3 séances) · Tout ce que je sais faire tout seul (3 séances) |
Le temps construit une frise de l’année en ⚠ cinq photos seulement — une de quarante images n’est pas lisible à trois ans — et ⚠ on montre, on ne fait pas ranger. Pour le passage : ⚠ « après les vacances » est le seul repère utilisable, les noms de mois n’ayant aucun contenu. ⚠ Et on ne promet rien. La dernière semaine, ⚠ on retire une image par jour : c’est la seule façon de faire comprendre qu’on approche de la fin, et ⚠ une fin non annoncée inquiète beaucoup.
L’espace rassemble les six lieux de l’année et les sept mots de position, ⚠ tous non latéralisés — aucun ne demande de distinguer la droite de la gauche, et c’est ce qui les rend accessibles. La visite de la classe des moyens porte sur ⚠ les lieux vitaux, pas sur le matériel : ce qui rassure, c’est de retrouver des portemanteaux et un coin livres. ⚠ Une seule visite ne suffit pas.
Les rituels du matin passent à quinze minutes — ⚠ deux de plus par période, et c’est le maximum de l’année — et reçoivent un troisième rôle. ⚠ L’adulte mène tout, jusqu’au dernier jour : la tentation de déléguer « pour préparer la MS » ne prépare rien. Et le constat le plus important de l’année : ⚠ le déroulé n’a jamais changé, et c’est la décision la plus importante de la petite section — la stabilité du cadre est ce qui permet d’apprendre.
Le vivant suit le semis jusqu’au bout. ⚠ La suite de photos est le seul accès à une transformation lente, et cette décision s’est prise en période 4. L’obstacle réel est ailleurs : ⚠ « c’était une graine, et c’est la même » — l’identité d’un objet à travers une transformation n’a rien d’évident. Le doigt dans la terre reste ⚠ le meilleur réemploi de lexique de l’année : « mouillé et sec » y sert à décider, pas à nommer. Et emporter sa plante est ⚠ un vrai enjeu affectif qui ne souffre aucune exception — d’où les semis de réserve.
Le bilan des sciences rassemble les cinq expériences de l’année autour de trois phrases : ⚠ « on essaie, on ne devine pas », ⚠ « il faut attendre », ⚠ « mes yeux ne suffisent pas ». La deuxième revient quatre fois dans l’année — glaçon, oiseaux, semis, arbre — ⚠ et ce n’est pas une coïncidence : c’est le contenu scientifique réel de la petite section. Nouveauté de fin d’année : ⚠ anticiper avant d’essayer, alors qu’en période 2 on essayait sans hypothèse.
Les activités physiques abordent courir, sauter, lancer. ⚠ Courir vers un but est l’acquisition de l’année : en septembre on court partout, en juin on court vers quelque chose. ⚠ On ne saute jamais d’une hauteur en PS, et ⚠ sauter un pied après l’autre est un état normal. ⚠ Lancer loin est plus facile que viser, et c’est pourquoi il vient maintenant. ⚠ La gommette au sol est un repère personnel : dès qu’on compare les distances, la séance devient une compétition, ce qui n’a pas sa place en maternelle.
Le parcours ne propose ⚠ rien de nouveau : trois actions connues, et c’est l’enchaînement qui est travaillé — ⚠ à trois ans, chaque action est indépendante, et le chemin matérialisé au sol fait le lien. ⚠ Descendre reste le geste le plus contre-intuitif de la maternelle. Et ⚠ l’attente est la vraie difficulté d’un parcours : deux parcours en parallèle la divisent par deux.
Les arts visuels font une fresque collective, ⚠ qui est un outil anti-comparaison autant qu’artistique : chacun sa zone, une gommette par élève, et aucune comparaison n’est possible. Cinq couleurs, trois outils, ⚠ et aucun pinceau fin jusqu’au dernier jour. La pochette de l’année se regarde, ⚠ et l’élève choisit ce qu’il garde — on ne jette jamais devant lui.
Les univers sonores organisent un moment de chant avec les autres classes. ⚠ Avec les grands, pas devant eux : c’est la distinction décisive de la période, et elle vaut aussi pour le spectacle de fin d’année, s’il a lieu — ⚠ une prestation devant un public est hors de portée en PS, et personne n’est obligé d’y participer. Dix chansons, toutes conservées, ⚠ et le répertoire s’accumule, il ne se renouvelle pas.
Grandir, et passer chez les moyens reprend l’EVAR séance 3 : mêmes réussites, mêmes phrases, mêmes adultes de confiance. Un contenu nouveau et difficile : ⚠ on peut avoir peur et être content en même temps — l’ambivalence n’est pas nommable à trois ans, mais elle se joue avec les marionnettes. ⚠ On ne promet rien, ⚠ on ne dit jamais « tu seras grand » pour obtenir un comportement, et ⚠ les affiches d’EVAR, 119 compris, restent jusqu’au dernier jour.
Nos règles de l’année rassemble les trois règles, une par période. ⚠ Montrer l’image arrête un conflit plus vite que n’importe quel discours, et savoir quelle règle est concernée est le progrès de l’année. ⚠ Taper et mordre restent des symptômes de manque de mots, et ⚠ « quand j’ai un mot, je pleure moins » est la convergence de toute l’année de PS.
Tout ce que je sais faire tout seul rassemble les six gestes d’autonomie, chacun décomposé en ⚠ trois étapes maximum et affiché en photos de la classe. ⚠ Le matériel décide de l’autonomie — un tablier qui se noue dans le dos la rend impossible. ⚠ Les écarts renvoient aux pratiques familiales et ne se commentent jamais. Et la phrase de fin d’année : ⚠ « je peux encore avoir besoin d’aide » — l’autonomie n’est pas l’absence d’aide.
Les trois rituels quotidiens
Trois séquences sont des programmes hebdomadaires sur sept semaines, comme en MS et en GS. Ce sont les seuls contenus travaillés tous les jours, et ce sont eux qui produisent les résultats.
| Rituel | Durée | Ce qu’il travaille | Son équivalent en MS |
|---|---|---|---|
| Les rituels du matin | 10 min | bonjour nommé, étiquette, météo, ce qui vient | le rituel du matin (15 min) |
| Le comptage quotidien | 5 min | comptine jusqu’à 5, présents, premier et dernier | le comptage quotidien (10 min) |
| L’écoute et les comptines | 10 min | silence, bruits, comptines gestuées | la phonologie (15 min) |
⚠ Ce qui change en période 2 : rien. Et c’est délibéré. Les trois rituels se déroulent à l’identique — mêmes mots, même chanson, même ordre, mêmes bornes. La comptine reste à 5, le rituel du matin garde ses trois moments, l’écoute garde son déroulé. ⚠ Ce qui progresse, c’est la participation : poser son étiquette seul, rester dix minutes, montrer deux doigts, frapper avec le groupe, montrer le wagon d’après. Le retour de novembre est une petite rentrée, et retrouver exactement le même cadre est ce qui raccourcit la réadaptation.
⚠ Le créneau d’écoute et de comptines est le seul moment de la journée qui ne se mutualise pas avec la MS et la GS. L’écoute et les comptines (PS), la syllabe (MS) et le phonème (GS) poursuivent trois objectifs différents. C’est celui qu’il faut protéger, et le décloisonnement se demande en conseil des maîtres dès septembre.
⚠ En revanche, les comptines se chantent en collectif complet, en dehors de ce créneau : les PS font les gestes, les MS disent les fins de vers, les GS disent tout. C’est l’un des rares moments où le plus jeune niveau n’est pas en retrait.
Faire tourner une classe PS/MS ou PS/MS/GS
Le point de départ : les trois contraintes de la petite section
Le regroupement dure la durée du plus jeune. Dix minutes avec les PS, puis on les laisse partir en atelier ou en jeu libre, et on poursuit avec les grands. ⚠ C’est le point d’organisation le plus important d’une classe PS/MS, et il ne se négocie pas : au-delà de dix minutes, un élève de trois ans ne suit plus, et le groupe entier en pâtit.
L’accueil des PS mobilise un adulte entier en septembre. Cela s’anticipe dans l’organisation et se dit en conseil des maîtres. En contrepartie, ⚠ les MS et les GS sont autonomes à l’accueil, à condition d’installer leurs rituels d’entrée dès la première semaine.
Les temps d’habillage et de toilettes sont le principal poste de temps d’une classe avec des PS. Cela s’anticipe dans l’emploi du temps, cela ne se subit pas. ⚠ Faire sortir les grands en premier, puis accompagner les PS, évite l’embouteillage au portemanteau.
⚠ Et une contrainte de sécurité qui prime sur tout : les petites pièces des grands restent hors de portée des PS. Perles, jetons de petite taille, éléments de construction fins. Le risque d’ingestion est maximal à trois ans, et il est réel.
Les grandes séances collectives de la période 1
| Séance | Pourquoi elle vaut aux trois niveaux |
|---|---|
| ⚠ Le tableau des présents | Le meilleur dispositif inter-niveaux de toute la maternelle : un seul tableau, un seul geste du matin, trois lectures — le PS pose son étiquette, le MS compte les présents, le GS compte les absents |
| ⚠ Les comptines en collectif complet | Le PS fait les gestes, le MS dit les fins de vers, le GS dit tout — l’un des rares moments où le plus jeune n’est pas en retrait |
| ⚠ L’objet-parole | C’est le bâton de parole des grands : un seul objet, une seule affiche, trois exigences |
| ⚠ La lecture offerte | Le moment le plus naturellement commun, mais ⚠ elle dure trois minutes avec les PS, puis on les laisse partir et on continue |
| ⚠ Un GS raconte à un PS avec les marottes | L’un des meilleurs dispositifs inter-niveaux de la maternelle : le raconteur consolide, le petit entend un modèle proche |
| L’étiquetage de la classe | Une seule étiquette par boîte : photo pour les PS, photo et mot pour les MS, mot seul pour les GS |
| Les cartes-émotions | Une seule collection, dessinée : le PS en utilise deux, le MS quatre, le GS sept |
| La comptine du corps | Se chante en collectif complet, tous niveaux mélangés |
| ⚠ Les quatre images de besoins | Servent aussi aux MS en début d’année et aux élèves allophones de tous niveaux |
| La boîte à histoires | Commune, en accès libre, ⚠ avec des livres cartonnés pour les PS |
| Le mur des prénoms | Le PS reconnaît le sien avec la photo, le MS sans, le GS trie par lettre |
| ⚠ La distribution du matériel | Une vraie responsabilité aux trois niveaux : le PS donne un objet par personne, le MS un ou deux, le GS calcule |
| Le tour dans le même sens | La même consigne pour tous, du PS au CE1 |
| « Il en manque · il en reste » | Commun ; le MS et le GS ajoutent « juste » |
| ⚠ La bande numérique | Une seule, jusqu’à la borne du plus grand niveau, ⚠ mais affichée à hauteur du plus jeune |
| Le rangement comme atelier de tri | Le PS trie par couleur, le MS par forme, le GS sur deux critères — mêmes boîtes, mêmes gommettes |
| La chasse aux ronds dans la classe | Le PS cherche des ronds, le MS des carrés et des triangles, le GS des rectangles |
| ⚠ Le train de la journée | Un seul, avec quatre wagons visibles par les PS et des sous-étapes pour les grands — ⚠ et le dernier wagon reste le départ, à tous les niveaux |
| Un seul sablier | Utilisé de la même façon par tous |
| Les photos des lieux de l’école | Le PS les reconnaît, le MS les nomme, le GS décrit le trajet |
| ⚠ Les mots de position | Sur la même affiche : trois mots en gros pour les PS, sept pour les MS et GS |
| ⚠ Un seul semis de classe | Fait ensemble en première semaine : le PS arrose, le MS constate les besoins, le GS compare quatre pots |
| ⚠ « On regarde, on ne touche pas » | La même formulation du PS au CM2, avec « on le remet où on l’a trouvé » |
| L’affiche de lavage des mains | Une seule, au-dessus du lavabo, ⚠ à hauteur du plus jeune |
| ⚠ Le bac à transvaser | Le même matériel : le PS verse, le MS compare les contenances, le GS mesure avec un gobelet étalon |
| Les pictogrammes de danger | Les mêmes pour toute la classe, à hauteur du plus jeune |
| ⚠ Le signal sonore en salle | Le même pour toute la classe, installé dès septembre |
| Le parcours de motricité | Hauteurs différenciées, ⚠ et le module le plus haut reste physiquement interdit aux PS |
| ⚠ La ronde | Le meilleur dispositif inter-niveaux de la période : on alterne un grand et un petit, et les grands tiennent la structure |
| L’atelier peinture | Le PS explore, le MS choisit un outil pour un effet, le GS justifie son choix |
| Les deux règles du regard | Je dis ce que je vois, pas si c’est beau — du PS au CM2, une seule affiche |
| ⚠ L’EVAR | Peut se faire ensemble, tous niveaux mélangés, en demi-groupe : le message est strictement identique |
| « Quand quelqu’un dit non, j’arrête » | La même formulation du PS au CM2, rappelée dans les jeux de la cour |
| Le coin doudous et le coin calme | Servent à tous les niveaux, ⚠ y compris aux MS en septembre |
Les grandes séances collectives de la période 2
| Séance | Pourquoi elle vaut aux trois niveaux |
|---|---|
| ⚠ L’album à structure répétitive | Le meilleur support commun de la période : le PS dit le refrain, le MS suit le personnage, le GS repère la structure — ⚠ et tous participent au même moment, ce qui est rare |
| ⚠ Le blanc laissé en fin de phrase | Aux trois niveaux : l’adulte s’arrête, et les élèves complètent — c’est la technique qui produit le plus de langage |
| Les photos d’atelier | Le PS montre, le MS raconte avec trois images, le GS raconte à un absent — même mur de photos |
| ⚠ L’habillage comme moment de lexique | Deux fois par jour, sans préparation : le PS montre, le MS nomme, le GS explique l’ordre |
| « Chaud et froid » | Le PS sent, le MS compare, le GS relie à la météo |
| Les verbes d’action | Trois en PS, six en MS — dits pendant le geste |
| L’imagier de la classe | Le PS cherche une image, le MS trie par syllabes, le GS cherche une lettre |
| ⚠ Le tableau des présents | Toujours le meilleur dispositif inter-niveaux : un seul geste du matin, trois lectures |
| La boîte à cases | ⚠ Le même outil, gradué : deux cases en PS, cinq en MS, dix en GS |
| Mettre la table du coin cuisine | Le PS pose un gobelet par assiette, le MS dit combien il en faut, le GS anticipe |
| « Il en manque · il en reste » | Commun ; le MS et le GS ajoutent « juste » |
| ⚠ Les doigts | Autorisés à tous les niveaux, jusqu’au CM2 |
| Le rangement comme atelier de tri | Le PS apparie avec la photo, le MS trie par forme, le GS sur deux critères |
| La chasse aux formes dans la classe | Le PS cherche ronds et carrés, le MS ajoute le triangle, le GS le rectangle |
| Les images séquentielles | ⚠ Même boîte : le PS en range deux, le MS trois, le GS quatre |
| ⚠ Le train de la journée | Un seul, et ⚠ le dernier wagon reste le départ, à tous les niveaux |
| Un seul sablier | Utilisé de la même façon par tous |
| ⚠ Le jeu de l’objet caché | Excellent binôme MS/PS : le MS cache et dit, le PS cherche — ⚠ et le MS n’a pas le droit de montrer |
| Les mots de position | Sur la même affiche : cinq mots en gros pour les PS, sept pour les grands |
| ⚠ Le bac à eau | Le même matériel : le PS explore, le MS compare les contenances, le GS mesure |
| Le glaçon | Le PS constate qu’il fond, le MS prévoit, le GS refait de la glace |
| La flottaison | Le PS dit où va l’objet, le MS prévoit avant d’essayer, le GS teste la forme |
| ⚠ Le sac mystère | Le meilleur dispositif inter-niveaux de la période : le PS reconnaît, le MS décrit, le GS fait deviner — ⚠ sans nommer l’objet |
| La pâte à modeler | Le PS explore, le MS modèle avec intention, le GS analyse sa démarche |
| ⚠ Le parcours de motricité | Hauteurs différenciées, ⚠ et le module le plus haut reste physiquement interdit aux PS |
| ⚠ Aucune roulade avant pour les PS | Même quand les GS en font |
| ⚠ La ronde | Toujours le meilleur dispositif inter-niveaux : on alterne un grand et un petit |
| Les deux musiques | Le PS bouge comme la musique, le MS marque la pulsation, le GS compose |
| ⚠ « Quand ça s’arrête, je m’arrête » | La même consigne aux trois niveaux |
| ⚠ Aucune élimination | À aucun niveau, en maternelle |
| L’atelier d’empreintes | Le PS trempe et appuie, le MS lève tout droit, le GS compose |
| Les deux règles du regard | Je dis ce que je vois, pas si c’est beau — du PS au CM2 |
| La même image d’art | Le PS montre, le MS dit ce qu’il voit, le GS distingue voir et penser |
| Les comptines en collectif complet | ⚠ Le PS fait les gestes, le MS dit les fins de vers, le GS chante tout |
| Les instruments | Communs, ⚠ mais les maracas sont scellées pour tous |
| ⚠ L’EVAR | Peut se faire ensemble, tous niveaux mélangés : le message est strictement identique |
| « Quand quelqu’un dit non, j’arrête » | La même formulation du PS au CM2, rappelée dans les jeux |
| ⚠ « Il n’y a pas de secret qui fait mal au ventre » | Identique à tous les niveaux |
| ⚠ Le matériel en double | Indispensable avec des PS, et bénéfique à tous |
| Les quatre images de l’habillage | Au même portemanteau, pour les trois niveaux |
| La chanson de rangement | La même pour toute la classe |
Les grandes séances collectives de la période 3
| Séance | Pourquoi elle vaut aux trois niveaux |
|---|---|
| ⚠ Le jeu des prénoms à l’oral | Un des meilleurs moments communs de l’année : le PS réagit au sien, le MS repère la première syllabe, le GS la première lettre |
| Le choix entre deux objets | Le PS montre, le MS dit ce qu’il préfère, le GS dit pourquoi — ⚠ et on ne compte pas les voix devant les PS |
| ⚠ « On ne choisit pas tous pareil » | La même idée que « il y a des questions à plusieurs réponses » en MS |
| Les couples de contraires | Une seule affiche, complétée : quatre en PS, huit en MS |
| ⚠ Le coin cuisine | Lexique et mathématiques en même temps : le PS nomme, le MS met la table pour quatre, le GS calcule ce qu’il faut |
| ⚠ Le GS raconteur avec les marottes | L’un des meilleurs dispositifs inter-niveaux de la maternelle |
| La même histoire d’animaux | Le PS nomme l’animal et son action, le MS dit ce qu’il veut, le GS dit ce que l’histoire apprend |
| La pulsation | ⚠ Ensemble : le PS marche, le MS frappe assis, le GS tient un motif |
| Les comptines en collectif complet | Le PS fait les gestes, le MS dit les fins de vers, le GS chante tout |
| ⚠ La grande feuille collective | Le meilleur dispositif multi-niveaux des arts visuels : le PS trace des traits, le MS des ponts, le GS des boucles — ⚠ et aucune comparaison n’est possible |
| ⚠ Le coin des pinces | Il prépare le crayon à tous les âges |
| Le tableau des présents | Un seul, avec des étiquettes différenciées : photo, prénom, prénom en cursive |
| ⚠ Mettre la table | La même situation, trois consignes : un par place, juste ce qu’il faut, combien il en faut |
| Le dé | ⚠ Le même dé, masqué au-delà de trois pour les PS |
| Le comptage des présents | Le PS dit avec le groupe, le MS compte les étiquettes, le GS dit combien il en manque |
| La bande numérique | Une seule, jusqu’à 5 pour les PS et jusqu’à 30 pour les grands — ⚠ constellations visibles |
| Le matériel de tri | La même boîte, trois consignes : couleur, forme, deux critères croisés |
| Les encastrements | Communs aux PS et aux MS, ⚠ autocorrectifs |
| ⚠ La frise de la semaine | Une seule : école et maison en photos pour les PS, noms des jours pour les grands — et la pince est commune |
| ⚠ « Après la nuit » | La même formulation aux trois niveaux |
| Le chemin des gommettes | ⚠ Posé par les MS et les GS pour les PS : excellente situation d’espace pour les grands, qui vérifient qu’il marche |
| ⚠ La mangeoire | Un excellent projet commun d’école : le PS observe, le MS tient le calendrier des passages, le GS dessine l’oiseau |
| Le glaçon dehors | Le PS constate, le MS prévoit, le GS explique |
| Le plan incliné | Le PS trie ce qui roule, le MS compare deux pentes, le GS mesure la distance — ⚠ et la gommette au sol est commune |
| ⚠ Les engins roulants | Deux espaces séparés, deux sens de circulation : porteurs pour les PS, draisiennes pour les grands — ⚠ un PS ne monte jamais sur une draisienne |
| ⚠ Le casque pour tous | Fourni par l’école, à tous les niveaux |
| Le feu rouge et le feu vert | Communs, ⚠ et les MS y ajoutent l’orange ; ⚠ « celui qui montre le feu » est un très bon rôle de grand |
| Les ateliers de lancer | Même matériel, cibles différenciées — ⚠ une seule direction de lancer pour toute la salle |
| Le modelage | Le PS explore les gestes, le MS construit un volume stable, le GS assemble — ⚠ « ça tient debout » est le défi commun |
| ⚠ « S’arrêter est plus difficile que commencer » | La même phrase en danse, en musique et sur l’engin |
| ⚠ L’EVAR | Message strictement identique, ⚠ mais séance par niveau : la durée et le support diffèrent |
| Les affiches d’EVAR | Communes, en place toute l’année — ⚠ mêmes phrases du PS au CM2 |
| ⚠ Le 119 | Affiché une seule fois, à hauteur d’enfant, pour tout le monde |
| Les règles de la classe | Affichées une seule fois : trois en images pour les PS, complétées en mots pour les grands |
| ⚠ « Je montre, je ne fais pas à la place » | La règle centrale du multi-niveaux, et elle s’apprend dès la PS |
| Le moment de l’habillage | ⚠ Le plus coûteux de la journée : les grands partent d’abord, un adulte reste avec les PS |
| La liste des rôles en photos | Une seule, ⚠ et on ne retire jamais un rôle |
Les grandes séances collectives de la période 4
| Séance | Pourquoi elle vaut aux trois niveaux |
|---|---|
| ⚠ Le mur des photos d’atelier | Un seul mur, trois consignes : le PS dit ce qu’il a fait, le MS dit comment il a fait, le GS explique pourquoi ça a marché |
| ⚠ Un MS ou un GS photographie l’atelier des PS | Un rôle très apprécié, et il produit le support des petits |
| « D’abord · après » | Deux images en PS, quatre en MS, un récit en GS |
| Les verbes d’action | Une seule affiche complétée : cinq en PS, une dizaine en MS |
| ⚠ La sortie de printemps | Ensemble : le PS nomme, le MS compare avec l’hiver, le GS relève ce qui a changé |
| ⚠ L’arbre photographié chaque mois | Un projet d’école, et le meilleur support du temps long |
| Les documentaires | Le même livre : le PS cherche une photo, le MS une information, le GS utilise le sommaire |
| ⚠ Le jeu des voix | Excellent moment commun : le PS montre la photo, le MS dit le prénom, le GS la première syllabe |
| La pulsation | Le PS marche, le MS frappe, le GS tient un motif — ⚠ et deux vitesses seulement pour les PS |
| Les comptines et les chansons | ⚠ En collectif complet : le PS fait les gestes, le MS les fins de vers, le GS chante tout |
| ⚠ La grande feuille collective | Toujours le meilleur dispositif multi-niveaux : le PS quadrille, le MS fait des ponts, le GS des boucles |
| ⚠ La distribution des étiquettes | Un rôle partagé : le PS distribue avec la photo, le MS lit le prénom, le GS trie par première lettre |
| Le comptage des présents | Le PS dit avec le groupe, le MS compte, le GS dit combien il en manque |
| La bande numérique | Une seule, ⚠ avec les constellations : le PS avance d’une case, le MS de deux, le GS recule |
| ⚠ Les doigts | Autorisés à tous les niveaux, jusqu’au CM2 |
| La distribution du matériel | Le PS pose un objet par place, le MS prépare juste ce qu’il faut, le GS anticipe |
| Le matériel de tri | La même boîte : le PS trie par taille, le MS ordonne, le GS croise deux critères |
| Les gigognes et les encastrements | Communs aux PS et aux MS, ⚠ autocorrectifs |
| ⚠ La frise de l’année | Le même mur : le PS compare deux photos, le MS ordonne les périodes, le GS situe un évènement |
| La frise de la semaine | Une seule, photos pour les PS et noms des jours pour les grands ; la pince est commune |
| ⚠ Le gilet de couleur de l’adulte | Le repère le plus efficace de la cour, pour tous les niveaux |
| ⚠ Un seul signal de rassemblement | Sonore et visuel, pour toute l’école |
| ⚠ Les semis | Un seul coin jardinage : le PS sème et arrose, le MS relève, le GS explique |
| Le pot dans le placard | Une expérience commune, et les grands la commentent |
| Le tri jour / nuit | La même collection d’images : le PS trie, le MS décrit, le GS relie au soleil |
| ⚠ « On ne regarde jamais le soleil » | Du PS au CM2, redit à chaque sortie |
| Le jeu des ombres dans la cour | Le PS joue, le MS remarque que l’ombre bouge, le GS cherche la source |
| ⚠ Les ateliers de ballon | Espaces séparés : ⚠ un ballon lancé par un grand peut blesser un PS |
| ⚠ Un grand comme partenaire de ballon | Très bon rôle, ⚠ s’il fait rouler doucement et s’il attend |
| ⚠ La danse avec foulards | Un très bon moment collectif : le PS explore, le MS enchaîne, le GS compose |
| ⚠ « Quand ça s’arrête, je m’arrête » | La même consigne aux trois niveaux |
| Les ateliers de peinture | Même matériel, ⚠ mais les pinceaux fins restent chez les grands |
| La même image d’art | Le PS montre, le MS dit ce qu’il voit, le GS distingue voir et penser |
| Les deux règles du regard | Je dis ce que je vois, pas si c’est beau — du PS au CM2 |
| ⚠ La liste des rôles en photos | Une seule, et ⚠ on ne retire jamais un rôle |
| La construction à deux | Excellent binôme PS/MS : le MS a l’intention, le PS apporte les cubes — ⚠ mais il ne construit pas à sa place |
| ⚠ « Il a le droit de dire non » | La même phrase, dans les mêmes mots, du PS au CM2 |
| Les marionnettes | Communes, ⚠ et un GS peut jouer une situation pour les PS |
| ⚠ Le moment de l’habillage et du rangement | Le plus coûteux de la journée : les grands partent d’abord, un adulte reste avec les PS |
| Une seule chanson de rangement | La même pour toute la classe, depuis la période 1 |
Les grandes séances collectives de la période 5
| Séance | Pourquoi elle vaut aux trois niveaux |
|---|---|
| ⚠ Le mur des photos de l’année | Un seul mur : le PS montre, le MS ordonne, le GS date et légende |
| ⚠ Le binôme PS / plus grand | Le dispositif central de la période : le PS montre ce qu’il sait faire, ⚠ et le grand écoute sans deviner ni finir les phrases |
| La frise de l’année | Cinq photos pour les PS, les cinq périodes ordonnées pour les MS |
| Les couples de contraires | Une seule affiche complétée : cinq en PS, une douzaine en MS |
| La sortie de juin | Le PS nomme, le MS compare avec l’hiver, le GS explique pourquoi on va à l’ombre |
| ⚠ Chapeau et eau pour tout le monde | Fournis par l’école, à tous les niveaux |
| Le mur des couvertures | Le PS reconnaît, le MS ordonne dans l’année, le GS classe par genre |
| ⚠ Un GS raconte à un PS avec les marottes | L’un des meilleurs dispositifs inter-niveaux, et il marche particulièrement bien en juin |
| La borne des livres et des chansons | Commune, et les grands lisent les titres |
| ⚠ Le moment de comptines et de chant commun | ⚠ AVEC les grands, jamais DEVANT : le PS fait les gestes, le MS dit les fins de vers, le GS chante tout |
| ⚠ Il prépare le passage en MS mieux qu’une visite | Les grands connaissent les mêmes chansons, et ça rassure énormément |
| Le jeu des prénoms | Le PS réagit au sien, le MS repère la syllabe, le GS la lettre |
| La pulsation | Le PS marche, le MS frappe, le GS tient un motif |
| ⚠ La grande fresque de fin d’année | Une très belle production commune : chacun sa zone, une gommette par élève — ⚠ et aucune comparaison n’est possible |
| Les formes découpées | Servent aux PS et aux MS pour remplir un espace |
| ⚠ Les pochettes de l’année | Rendues en même temps, à tous les niveaux, ⚠ et l’élève choisit ce qu’il garde |
| Les vrais problèmes de la classe | Le PS voit qu’il en manque, le MS dit combien, le GS anticipe |
| L’appariement un pour un | Du PS au CE1 |
| La bande numérique | Une seule, ⚠ avec les constellations : le PS avance d’une case, le MS de deux, le GS recule |
| Le matériel de tri | La même boîte : le PS trie selon un critère, le MS ordonne, le GS croise |
| ⚠ Le rangement de fin d’année | Ensemble, et les grands portent les bacs lourds — ⚠ on garde les photos des bacs pour l’an prochain |
| ⚠ Ne pas vider la classe | À aucun niveau : une salle démontée désorganise les repères |
| La frise de la semaine | Une seule, avec la pince commune |
| ⚠ Le compte à rebours des derniers jours | Commun, avec des images qu’on retire une par une |
| ⚠ La visite de la classe suivante | À tous les niveaux, ⚠ et le multi-niveaux la rend beaucoup plus simple : les PS connaissent déjà les MS |
| Le coin jardinage | Le PS sème et arrose, le MS relève, le GS explique le cycle |
| Le pot du placard | Une expérience commune, et les grands la commentent |
| ⚠ Tout le monde emporte un pot | Y compris les absents, à tous les niveaux |
| Le bac à eau | Le PS constate, le MS prévoit, le GS explique |
| ⚠ « On essaie, on ne devine pas » | Du PS au CM2 |
| La rencontre sportive de fin d’année | En ateliers : le PS court vers un plot, le MS enchaîne, le GS mesure — ⚠ espaces séparés |
| ⚠ Aucun saut depuis une hauteur pour les PS | Même quand les MS en font |
| Le parcours | Hauteurs différenciées, ⚠ et le module le plus haut reste interdit aux PS |
| ⚠ Deux parcours en parallèle | La meilleure organisation en multi-niveaux : l’attente est divisée par deux |
| ⚠ Aucune course contre un autre élève | À aucun niveau, en maternelle |
| La même image d’art | Le PS montre, le MS dit ce qu’il voit, le GS distingue voir et penser |
| Les deux règles du regard | Je dis ce que je vois, pas si c’est beau — du PS au CM2 |
| Les règles de la classe | Affichées une seule fois : trois en images pour les PS |
| ⚠ « Il a le droit de dire non » | La même phrase, dans les mêmes mots, du PS au CM2 |
| Les affiches d’EVAR et le 119 | Communes, ⚠ et en place jusqu’au dernier jour |
| ⚠ « On ne promet rien » | À aucun niveau : ni classe, ni enseignant, ni camarades |
| ⚠ Le moment de l’habillage | Beaucoup plus simple en juin : plus de manteau, plus de bonnet |
Le rituel du matin, en détail
| Moment | PS | MS | GS |
|---|---|---|---|
| Bonjour | ⚠ nommé par l’adulte | répond | mène l’appel |
| L’étiquette | pose la sienne | compte les présents | compte les absents |
| La météo | ⚠ choisit la carte | dit pourquoi | remplit le tableau |
| La journée | ⚠ montre le wagon suivant | annonce la matinée | lit l’emploi du temps |
⚠ Le regroupement commun dure dix minutes. Les PS partent ensuite ; les MS et les GS poursuivent. Et ⚠ un GS peut dire bonjour à un PS par son prénom : c’est valorisant et efficace.
Ce qui se différencie vraiment — période 1
| Domaine | PS | MS | GS |
|---|---|---|---|
| Langage oral | ⚠ Montrer, ou un mot | Une phrase de trois mots | Raconter à un absent |
| Compréhension | Écouter 3 min ; montrer le personnage | 5 min ; ce qui lui arrive | Raconter avec les marottes |
| Lexique | Objets de la classe ; 2 émotions | 4 émotions | 7 émotions ; agréable / désagréable |
| Écoute / phonologie | ⚠ Bruits et comptines | Syllabes et rimes | Phonèmes |
| Écriture | ⚠ Traces libres ; étiquette avec photo | Prénom en capitales | Prénom sans modèle ; cursive |
| Nombres | ⚠ Un, deux, beaucoup ; un pour chacun | Jusqu’à 3, puis 5 | Jusqu’à 10 ; décomposer |
| Comptage | Comptine jusqu’à 5 | Jusqu’à 10 | Jusqu’à 20 ; rebours |
| Formes et tailles | ⚠ Le rond ; grand / petit | 3 formes ; ranger trois | 4 formes et 4 solides |
| Le temps | 4 moments de la journée | La journée en 8 photos | Journée, semaine, mois |
| L’espace | ⚠ 3 mots compris ; les coins | 7 mots ; les lieux de l’école | Maquette de la classe |
| Le vivant | 1 critère ; prendre soin | 2 critères ; 2 besoins | 4 critères ; 4 besoins |
| Les objets | Transvaser, emboîter | Usage ; 3 étapes | Forme et fonction |
| EPS déplacements | ⚠ Explorer ; franchir bas | Courir, sauter, lancer | Sauter haut et loin |
| Jeux collectifs | ⚠ Jouer à côté ; aucune règle | Une règle ; pas de points | Rôles et stratégie |
| Arts visuels | ⚠ Explorer la matière | Observer la trace | Choisir un outil pour un effet |
| Univers sonores | Gestes ; fins de vers | Chanter avec le groupe | Respecter le tempo |
| EVAR | ⚠ Message identique | ⚠ Message identique | ⚠ Message identique |
Ce qui se différencie vraiment — période 2
| Domaine | PS | MS | GS |
|---|---|---|---|
| Langage oral | ⚠ Deux mots ensemble | Raconter avec trois images | Expliquer avec « parce que » |
| Compréhension | Le refrain ; 4 min ; 2 personnages | Le conte ; le problème du personnage | Comparer deux versions |
| Lexique | 4 vêtements ; chaud/froid ; 3 verbes | Les mots du conte et de l’hiver | Les mots pour juger |
| Écoute / phonologie | ⚠ Cris d’animaux ; frapper un rythme | Compter les syllabes ; les rimes | La syllabe d’attaque |
| Écriture | ⚠ Rond et trait ; étiquette parmi six | Le prénom sans modèle | Cursive ; dictée à l’adulte |
| Nombres | ⚠ Donner deux ; encore ; autant | Décomposer jusqu’à 5 | Compléments à 10 |
| Comptage | Comptine 5 ; un et deux doigts | Jusqu’à 15 ; écrire les chiffres | Jusqu’à 30 ; comparer |
| Formes et tris | ⚠ Paires ; rond et carré | Les motifs qui se répètent | Motifs à trois éléments |
| Le temps | ⚠ D’abord et après ; 2 images | Avant et maintenant | Le passé lointain |
| L’espace | ⚠ 5 mots compris ; l’objet caché | Autour de l’école ; vu de dessus | Le plan du quartier |
| La matière | ⚠ L’eau, le glaçon ; en haut ou au fond | L’eau et la glace ; prévoir | Expliquer et transformer |
| Les objets | ⚠ Dur et mou ; le sac mystère | Trois matières nommées | Matière et fonction |
| EPS parcours | ⚠ Monter, descendre, ramper | Rouler, grimper, se suspendre | Enchaîner un parcours |
| EPS danse | ⚠ Bouger et s’arrêter | Tirer et pousser ; le mot stop | Phrase dansée |
| Arts visuels | ⚠ L’empreinte ; 3 couleurs | Le clair et le sombre | Composer avec intention |
| Univers sonores | 4 chansons ; fort et doux | Le motif rythmique | Tenir sa partie |
| Vivre ensemble | ⚠ Attendre ; jouer à côté | Une règle unique | Coopérer et tenir un rôle |
| EVAR | ⚠ Message identique | ⚠ Message identique | ⚠ Message identique |
Ce qui se différencie vraiment — période 3
| Domaine | PS | MS | GS |
|---|---|---|---|
| Langage oral | ⚠ Trois mots ; « moi » ; je préfère | Réciter et dire ce qu’on préfère | Justifier un avis |
| Compréhension | 2 animaux ; « qu’est-ce qu’il fait » | 6 animaux ; « qu’est-ce qu’il veut » | Ce que l’histoire apprend |
| Lexique | ⚠ 4 contraires ; le coin cuisine | 8 contraires | Les mots pour juger |
| Écoute / phonologie | ⚠ Son prénom ; la pulsation | La syllabe partout dans le mot | Le phonème |
| Écriture | ⚠ Trait horizontal, point ; parmi huit | Copier un mot court | Écrire une phrase |
| Nombres | ⚠ Jusqu’à trois ; un pour chacun | Distribuer : chacun pareil | Anticiper la quantité |
| Comptage | Comptine vers 10 ; trois doigts | Compter une collection | Compléments |
| Formes et tris | ⚠ 3 couleurs ; le triangle | Les côtés et les coins | Deux critères croisés |
| Le temps | ⚠ École ou maison ; après la nuit | Ma semaine ; les cinq jours | Hier, aujourd’hui, demain |
| L’espace | ⚠ 3 lieux ; à côté ; le chemin | L’école entière | Le plan |
| Le vivant | ⚠ La mangeoire ; on ne touche pas | Relever ce qu’on voit | Expliquer les besoins |
| Les objets | ⚠ Ce qui roule ; la roue | Comparer deux pentes | Mesurer les distances |
| EPS engins | ⚠ Le porteur ; s’arrêter ; attendre | La draisienne ; le piéton | Un parcours codé |
| EPS lancer | ⚠ Cible énorme ; faire rouler | Ajuster sa force | Choisir lancer ou rouler |
| Arts visuels | ⚠ Le volume ; 4 couleurs | Un volume qui tient | Assembler avec intention |
| Univers sonores | ⚠ Pulsation en marchant ; 6 chansons | Frapper assis | Tenir un motif |
| Vivre ensemble | ⚠ Trois règles en images ; aider | Formuler les règles | Expliquer pourquoi |
| EVAR | ⚠ Message identique | ⚠ Message identique | ⚠ Message identique |
Ce qui se différencie vraiment — période 4
| Domaine | PS | MS | GS |
|---|---|---|---|
| Langage oral | ⚠ Ce que j’ai fait, avec une photo | Dire comment j’ai fait | Expliquer sa démarche |
| Compréhension | Dessiné ou photographié | Le documentaire, pour apprendre | Chercher dans un sommaire |
| Lexique | ⚠ 5 verbes ; plein/vide ; le printemps | Les mots pour agir, en anticipation | Décrire une démarche complète |
| Écoute / phonologie | ⚠ La voix ; deux vitesses | Les syllabes et les lettres | Le phonème |
| Écriture | ⚠ La croix, le zigzag ; parmi douze | Écrire un message | Écrire une phrase en cursive |
| Nombres | ⚠ Trois, et un de plus | Jusqu’à 6 ; l’écriture du nombre | Compléments et décompositions |
| Comptage | Quatre doigts ; avancer d’une case | Compter une collection | Reculer, comparer |
| Grandeurs et tris | ⚠ La taille ; les gigognes | Les surfaces ; les solides | Deux critères croisés |
| Le temps | ⚠ Avant et maintenant, en photos | La frise de notre année | Situer un évènement |
| L’espace | ⚠ La cour ; en haut, en bas | La maquette de la classe | Le plan |
| Le vivant | ⚠ Semer ; eau et lumière | Les besoins des animaux | Expliquer un besoin |
| Le ciel | ⚠ Clair ou noir ; l’ombre | Le jour et la nuit expliqués | La course du soleil |
| EPS ballon | ⚠ Faire rouler assis ; recevoir | Passer et recevoir debout | Jouer à plusieurs avec une règle |
| EPS danse | ⚠ Trois gestes avec un foulard | Un geste devient une danse | Composer une phrase dansée |
| Arts visuels | ⚠ Trois outils ; 5 couleurs | Traces et empreintes comparées | Choisir un outil pour un effet |
| Univers sonores | ⚠ 8 chansons ; écouter 1 minute | Chanter ensemble, en tenant sa partie | Chanter à deux voix |
| Vivre ensemble | ⚠ Trois rôles très courts ; jouer à deux | Règles et responsabilités de la semaine | Organiser les services |
| Autonomie | ⚠ Tablier, mains, ranger sa place | Préparer son matériel d’atelier | Installer l’atelier du groupe |
Ce qui se différencie vraiment — période 5
| Domaine | PS | MS | GS |
|---|---|---|---|
| Langage oral | ⚠ Ce que je sais faire ; parler à un grand | Raconter son année devant plus grand | Parler devant un groupe |
| Compréhension | Reconnaître et choisir un album | Trier les sortes de livres | Expliquer la fonction de chacune |
| Lexique | ⚠ 5 couples repris ; les mots de l’été | Les mots de l’année et ceux de la GS | Les mots pour juger |
| Écoute / phonologie | ⚠ Reprise des 4 jeux ; 10 comptines | Bilan de phonologie | Bilan du phonème |
| Écriture | ⚠ 6 tracés ; la pochette datée | Écrire aux futurs moyens | Écrire une phrase en cursive |
| Nombres | ⚠ Les vrais problèmes ; jusqu’à trois | Les vrais problèmes de la classe | Anticiper et calculer |
| Comptage | 4 doigts ; avancer d’une case | Compter, comparer | Reculer, compléter |
| Formes et tris | ⚠ 3 critères, 3 formes ; le rangement | Se déplacer sur un chemin ; bilan | Croiser deux critères |
| Le temps | ⚠ 5 photos ; après les vacances | Garder la mémoire de l’année | Situer et dater |
| L’espace | ⚠ 6 lieux ; la classe des moyens | Tous les espaces de l’année | Le plan de l’école |
| Le vivant | ⚠ De la graine à la plante | Le cycle complet | Expliquer le cycle |
| Les sciences | ⚠ 3 phrases ; on constate | Ce qu’on a appris en cherchant | Généraliser une démarche |
| EPS athlétisme | ⚠ Courir vers un plot ; lancer loin | Courir, sauter, lancer : la rencontre | Mesurer sa performance |
| EPS parcours | ⚠ Enchaîner trois actions | Se repérer et retrouver | Mémoriser un itinéraire |
| Arts visuels | ⚠ Choisir outil et couleur ; la fresque | Mon année en arts | Une création avec une intention |
| Univers sonores | ⚠ 10 chansons ; AVEC les grands | Le spectacle de fin d’année | Chanter à deux voix |
| Vivre ensemble | ⚠ 3 règles ; jouer à deux | Grandir et passer en GS | Se projeter au CP |
| Autonomie | ⚠ 6 gestes du quotidien | S’habiller et se préparer seul | Installer l’atelier du groupe |
Organisations qui fonctionnent particulièrement bien
Le GS raconteur. Un GS raconte une histoire aux PS avec les marottes. Le raconteur consolide la structure du récit ; les PS entendent un modèle proche du leur, et l’adulte est libéré.
Le binôme d’accueil. Un MS ou un GS accompagne un PS à son portemanteau et lui montre son étiquette. C’est valorisant, efficace, et cela crée un lien qui dure toute l’année. ⚠ Mais il ne l’habille pas, et il ne pose pas l’étiquette à sa place — c’est une limite à poser explicitement, parce que les grands adorent faire à la place.
Le temps de repos des PS. Il libère un créneau précieux avec les MS et les GS : c’est le moment des ateliers dirigés avec les grands, et il faut le protéger dans l’emploi du temps.
Le décloisonnement sur l’écoute et la phonologie. Si l’organisation de l’école le permet, échanger les PS ou les GS pendant ce créneau résout le problème le plus difficile de la classe à plusieurs niveaux. À demander en conseil des maîtres dès la rentrée.
La différenciation à l’intérieur du niveau
Chaque séance comporte trois niveaux notés ★ (soutien), ★★ (référence) et ★★★ (approfondissement).
En petite section, les écarts sont les plus grands de toute la scolarité : douze mois séparent le plus âgé du plus jeune, ce qui représente un tiers de leur vie. À cela s’ajoutent des différences considérables d’expérience préalable — crèche, garde individuelle, fratrie — qui ne préjugent de rien mais qui sont visibles en septembre.
La différenciation porte donc presque exclusivement sur le degré d’étayage : l’adulte fait avec, l’adulte accompagne le geste, l’adulte est à côté, l’élève fait seul. ⚠ Et le premier niveau — « montrer », « avec l’adulte », « regarder » — est une réussite pleine, pas un pis-aller.
⚠ Certains élèves de PS font des phrases, d’autres emploient dix mots. Les deux sont normaux à trois ans, et le bain de langage de l’adulte fait plus que toutes les sollicitations.
⚠ Une exception : l’EVAR ne se différencie pas. Tous les élèves reçoivent exactement le même message, avec les mêmes formulations qu’en CE1.
Articulation entre les domaines
Les convergences de la période 1
« Montrer, c’est répondre. » Elle traverse toute la période. Montrer une image de besoin. Montrer le personnage de l’histoire. Montrer une carte-émotion. Montrer le wagon suivant. Montrer où on a mal. Cinq domaines, une seule idée : à trois ans, le geste précède le mot de plusieurs mois, et ⚠ valider le geste est ce qui permet au mot d’arriver.
« La photo dit où ça va. » Sur les boîtes, sur les coins, sur le portemanteau, sur le lit, au-dessus du lavabo, aux toilettes. Six affichages, un seul principe : ⚠ l’image rend l’autonomie possible sans l’adulte, et c’est l’investissement le plus rentable de la période 1.
« Ça recommence. » La journée qui recommence, le rituel du matin toujours dans le même ordre, la même comptine tous les jours, la même chanson de bonjour, le même album relu six fois. Cinq situations, un seul principe : ⚠ la répétition à l’identique n’ennuie pas un élève de PS, elle le sécurise — et c’est exactement l’inverse de ce qu’on croit.
« Le geste avant les mots. » La comptine mimée. Se mettre sous la table avant de dire « sous ». Faire comme l’adulte en motricité. La technique du manteau montrée, pas expliquée. Quatre domaines, un seul mécanisme : ⚠ l’imitation est le mode d’apprentissage dominant, et une consigne verbale seule ne produit rien.
« Chacun le sien. » Un ballon par élève, un cerceau par élève, un instrument par élève, un doudou qui ne se partage pas. Quatre situations, une seule réalité : ⚠ partager n’est pas encore possible à trois ans, ce n’est pas de l’égoïsme, et le matériel en nombre suffisant supprime la moitié des conflits.
« On regarde, on ne touche pas. » Les petites bêtes de la cour. La plante qu’on n’arrache pas. Le doudou d’un autre. Trois situations, une seule règle, et elle prépare directement celle de l’EVAR : ⚠ quand quelqu’un dit non, j’arrête.
« Quand j’ai un mot, je pleure moins. » C’est la convergence qui donne son sens à toute la période. Les quatre images de besoins. Les deux mots d’émotion. Savoir dire où on a mal. Demander les toilettes. Dire « aide-moi ». Cinq outils, un seul mécanisme : ⚠ le langage remplace progressivement les manifestations corporelles de la détresse — et cela met plusieurs mois.
Les convergences de la période 2
« La répétition sécurise. » C’est la convergence de la période, et elle consiste à ne rien changer. Le même rituel du matin, la même chanson de bonjour, la même chanson de rangement, la même ronde, le même album relu six fois, les mêmes places marquées au sol, les mêmes bornes de comptine. Sept dispositifs, un seul principe : ⚠ l’adulte se lasse bien avant l’élève, et changer trop tôt supprime le bénéfice.
« Le corps répond avant les mots. » Marcher fort ou sur la pointe des pieds selon le son. Bouger comme la musique. Se mettre derrière le meuble avant de dire « derrière ». Serrer un objet dans sa main pour savoir s’il est dur. Sentir l’eau froide. Cinq domaines, un seul mécanisme : ⚠ la sensation précède le mot de plusieurs mois, et c’est par elle qu’on entre dans le lexique.
« S’arrêter est plus difficile que commencer. » Arrêter de jouer de l’instrument. S’arrêter quand la musique s’arrête. S’arrêter au signal du tambourin. Ranger quand la chanson est finie. Attendre son tour. Cinq situations, un seul contenu : ⚠ l’inhibition motrice est un apprentissage majeur de la petite section, et elle se travaille partout. Deux astuces la rendent accessible : s’asseoir et poser l’objet sur ses genoux.
« Mes yeux ne suffisent pas. » On ne voit pas si c’est dur, il faut toucher. On ne voit pas fondre un glaçon, il faut regarder plusieurs fois. On ne sait pas ce qui flotte, il faut essayer. La main reconnaît dans le sac sans les yeux. Quatre situations, une première idée : ⚠ c’est « mes yeux se trompent » en germe, et cette idée traversera toute la scolarité.
« Un support fait mieux qu’une consigne. » Le sablier pour attendre. La chanson pour donner la durée du rangement. La boîte à deux cases pour donner deux. La photo sur la boîte pour ranger. La forme découpée pour ne pas dépasser. La gommette pour savoir où commencer. Six situations, un seul principe : ⚠ à trois ans, un objet matériel obtient ce qu’aucune parole n’obtient.
« Je peux dire au lieu de faire. » Trois mots pour ne pas taper. Un mot pour demander. Une image pour dire qu’on veut les toilettes. « Non » dans l’EVAR et dans la cour. Quatre situations, un seul mouvement : ⚠ le langage remplace progressivement le geste et les pleurs — et cela met plusieurs mois.
« Chacun le sien. » Un ballon, un cerceau, un instrument, un objet de tri par élève. Quatre situations, une seule réalité : ⚠ partager n’est pas encore possible à trois ans, et le matériel en double est une décision pédagogique, pas un confort.
Les convergences de la période 3
« Un ajout, et un seul. » Une couleur, une forme, une quantité, un mot de position, un couple de contraires, une règle, un outil dans le rituel. Sept domaines, un seul principe : ⚠ la période 3 est la première où l’on peut ajouter, et empiler davantage ferait perdre les acquis.
« S’arrêter est plus difficile que commencer. » Le point tracé, qu’il faut arrêter tout de suite. La main levée qui arrête les instruments. Les pieds posés au sol qui arrêtent le porteur. La ligne à ne pas dépasser. Quatre situations, un seul contenu : ⚠ l’inhibition motrice reste l’apprentissage majeur de la petite section, et elle se travaille dans tous les domaines à la fois.
« Le doigt reconnaît avant les yeux. » Suivre le bord du triangle. Toucher le mouillé et le sec. Faire tourner une roue. Sentir la pâte garder la forme. Quatre situations, un seul mécanisme : ⚠ la perception tactile précède la reconnaissance visuelle, et c’est par elle qu’on entre dans les formes et dans les contraires.
« Ça recommence. » Les jours sans école qui reviennent toujours au même endroit. La nuit et le matin. Le chemin des gommettes qui marche dans les deux sens. Le rituel qui ne change pas. Quatre situations, une seule idée : ⚠ la régularité est ce qui rend le monde prévisible à trois ans, et prévisible veut dire rassurant.
« On essaie, l’objet répond. » Ça roule ou ça ne roule pas. La forme rentre ou ne rentre pas dans l’encastrement. La pâte tient debout ou tombe. La balle atteint la cible ou non. Quatre situations, un seul principe : ⚠ le matériel autocorrectif est supérieur à toute correction d’adulte, parce que l’élève sait tout seul s’il a réussi.
« Ce n’est pas l’adulte qui décide. » La liste des rôles en photos. La comptine qui dit la fin du tour sur l’engin. La liste du premier et du dernier dans le rang. Trois situations, un seul mécanisme : ⚠ dépersonnaliser la décision est ce qui rend l’attente et le partage acceptables — et cela supprime la quasi-totalité des conflits de tour.
« Je fais tout seul, et ça prend du temps. » Les chaussures. La fermeture éclair. Le mouchoir. L’étiquette. Aller aux toilettes. Cinq gestes, une seule difficulté, et elle est celle de l’adulte : ⚠ faire à la place va cinq fois plus vite, et n’apprend rien.
« Aider, c’est montrer. » Le camarade à qui on montre où ça va. Le grand qui montre un geste d’habillage. L’adulte qui montre au lieu d’expliquer. Trois situations, une seule règle : ⚠ « je montre, je ne fais pas à la place » est la règle centrale du multi-niveaux, et elle s’apprend dès la petite section.
Les convergences de la période 4
« Du repère à la place de la consigne. » Poser son étiquette en arrivant. Aller chercher son matériel. Ranger quand la chanson finit. Choisir son outil. Décider s’il faut arroser. Cinq situations, un seul mouvement : ⚠ l’élève agit sur un repère, et l’adulte cesse de prescrire — c’est la définition même de l’autonomie de fin de petite section.
« Sans trace, pas de souvenir. » La photo du matin pour dire ce qu’on a fait. Les photos de septembre pour voir qu’on a grandi. L’arbre photographié chaque mois. Les photos hebdomadaires du semis. Quatre situations, un seul fait : ⚠ à trois ans, la mémoire du passé n’existe pas sans support externe — et ces supports se décident en septembre, pas en avril.
« Ce qui change lentement ne se voit pas. » Le semis qui pousse. L’arbre qui reverdit. L’élève qui grandit. Trois phénomènes, une seule difficulté : ⚠ on ne perçoit pas une transformation lente, et il faut un dispositif — photo, bâtonnet, deux images côte à côte — pour la rendre visible.
« Il faut être deux. » Faire rouler un ballon vers quelqu’un. Construire une seule tour. Répondre à un camarade. Distribuer une étiquette à la bonne personne. Quatre situations, un seul contenu : ⚠ le jeu à deux apparaît en période 4, et la difficulté est sociale, pas motrice. ⚠ Le jeu parallèle reste la norme, et il n’est pas un déficit.
« Le matériel décide. » Le tablier à fermeture devant. Le pion sur la bande numérique. La gommette au centre de la croix. Les deux tas de cubes et la tour unique. Le verre transparent pour voir la graine. Cinq objets, un seul principe : ⚠ le choix du matériel obtient ce qu’aucune consigne n’obtient, et il est une décision pédagogique à part entière.
« Ce n’est pas l’adulte qui décide. » La liste des rôles en photos. La chanson qui donne la durée du rangement. La comptine du tour. Le matériel autocorrectif — gigognes, encastrements, plan incliné. Quatre dispositifs, un seul mécanisme : ⚠ dépersonnaliser la décision supprime le conflit, et rend l’élève juge de sa propre réussite.
« S’arrêter, encore. » Arrêter de tourner les pages quand on a trouvé. Arrêter son foulard quand la musique s’arrête. Revenir vers l’adulte au signal, dans la cour. Attendre le ballon sans fermer les yeux. Quatre situations, un seul contenu : ⚠ l’inhibition motrice reste l’apprentissage transversal de la petite section, et elle se travaille dans tous les domaines à la fois.
« Un argument concret vaut mieux qu’une morale. » Quand le feutre est sec, il ne marche plus. À deux, ça monte plus haut. Si on crie, les oiseaux partent. La chaise sous la table, et on peut passer. Quatre situations, un seul constat : ⚠ « il faut faire attention » n’obtient rien ; une conséquence visible obtient tout.
Les convergences de la période 5
« Sans trace, rien n’a eu lieu. » Le bilan du langage, la frise de l’année, la pochette de traces, les photos du semis, les photos des expériences, les affiches d’autonomie. Six bilans, une seule condition : ⚠ à trois ans, la mémoire de l’année n’existe pas sans support externe — et ces supports se décident en septembre, pas en juin.
« C’est la reprise qui installe. » Les cinq couples de contraires. Les six tracés. Les trois critères de tri. Les sept mots de l’espace. Les quatre jeux d’écoute. Les dix comptines. Six domaines, un seul principe : ⚠ on n’ajoute presque rien en période 5, parce qu’une nouveauté de juin ne s’installe pas, alors qu’une reprise consolide.
« Avec les grands, pas devant eux. » Le chant commun. Les comptines. Le binôme de langage. Le raconteur avec les marottes. Quatre situations, une seule distinction : ⚠ être dans un groupe protège, être devant un groupe expose — et une prestation devant un public est hors de portée en petite section.
« On ne promet rien. » La classe de l’an prochain. L’enseignant. Les camarades. Trois promesses qu’on ne fait pas : ⚠ les répartitions changent jusqu’en août, et une promesse non tenue fait beaucoup de mal à un élève de trois ans. On dit « une classe comme celle-là », et on visite plusieurs fois.
« La stabilité, jusqu’au dernier jour. » Le rituel du matin. Les places au sol. Le créneau d’écoute. Les affiches d’EVAR. Les coins de la classe. Cinq éléments, une seule décision : ⚠ c’est en juin qu’on est le plus tenté d’abandonner, et c’est en juin que la régularité protège le plus. ⚠ On ne vide pas la classe avant la fin.
« Le progrès ne se voit pas au jour le jour. » La pochette datée. Les photos de septembre. La suite du semis. L’arbre mois par mois. Quatre dispositifs, un seul constat : ⚠ on ne se voit pas grandir, et il faut un outil pour le rendre visible — à l’élève comme à l’adulte.
« Trois mots, trois formes, trois règles. » Trois est la limite de tout, en petite section : trois objets, trois étapes, trois images pour raconter, trois règles, trois rôles, trois lieux, trois actions enchaînées. Un seul ordre de grandeur : ⚠ au-delà de trois, la petite section décroche — et c’est le repère le plus utile pour préparer une séance.
« Je peux encore avoir besoin d’aide. » L’autonomie de fin d’année. Le passage en moyenne section. Les gestes du quotidien. Trois situations, une seule idée : ⚠ l’autonomie n’est pas l’absence d’aide, et demander de l’aide est un progrès — c’est la phrase de l’EVAR, et c’est la dernière de l’année.
Points de vigilance signalés dans les fiches enseignant
Chaque séquence comporte un encadré « précautions » à lire avant la mise en œuvre.
Précautions communes à toutes les séquences : ⚠ le risque d’ingestion est maximal à trois ans et il est réel — jetons, aimants, perles, solides, pièces de construction suffisamment gros, et petites pièces des grands hors de portée ; ⚠ rien à la bouche, surveillance directe et constante ; ⚠ tout le matériel est fourni par l’école, aucun objet apporté de la maison sauf le doudou ; ⚠ ne jamais interroger sur la famille, le logement, l’adresse, le week-end ou les vacances ; ⚠ ne jamais demander quelles langues sont parlées à la maison ni d’où vient la famille ; ⚠ ciseaux, agrafeuse et colle forte manipulés exclusivement par l’adulte ; ⚠ vérifier les autorisations de droit à l’image ; ⚠ affichages à hauteur d’un enfant de trois ans — c’est plus bas qu’on ne croit ; on compte les réussites.
Le langage oral : ⚠ personne n’est obligé de parler, et le passage de tour ne se commente pas ; ⚠ ne jamais faire répéter un mot mal prononcé — on reformule, et c’est tout ; ⚠ ne jamais corriger une production orale ; ⚠ ne jamais commenter l’accent, le débit ni la voix, ni devant l’élève ni devant la famille ; ⚠ les écarts de langage sont énormes en PS et ne préjugent de rien ; ⚠ attention aux élèves allophones — le temps de silence peut durer plusieurs mois et n’est pas un trouble ; ⚠ un élève qui ne dit aucun mot en fin de période 1 justifie une observation attentive et un échange avec la famille, jamais une conclusion ; ⚠ vérifier l’audition en cas de doute : les otites séreuses sont très fréquentes à cet âge, passent inaperçues et bloquent l’entrée dans le langage.
Le lexique et la compréhension : ⚠ on ne montre jamais sur le corps d’un autre élève — chacun sur soi, ou sur la silhouette ; ⚠ des visages dessinés, jamais de photographies d’élèves pour les émotions ; ⚠ on parle des émotions des personnages, jamais de celles des élèves en collectif ; ⚠ ne jamais qualifier une émotion de bonne ou de mauvaise ; ⚠ aucune histoire de séparation, d’abandon ni de perte en période 1 ; ⚠ attention aux peurs réelles — loup, ogre, noir, monstre — et « c’est une histoire » se redit avant, pendant et après, sans toujours suffire ; ⚠ aucune question à la première lecture ; ⚠ un livre abîmé n’est pas une faute : on répare avec l’élève, sans reproche.
L’écoute et les traces : ⚠ aucun support écrit pendant les jeux d’oreille ; ⚠ ne jamais imposer de fermer les yeux — cela angoisse beaucoup d’élèves de trois ans ; ⚠ ne jamais utiliser le silence comme punition ; ⚠ interdire le cri ; ⚠ volume modéré, certains élèves sont hypersensibles au bruit ; ⚠ aucune lettre tracée en PS ; ⚠ ne jamais dire « c’est mal fait » ; ⚠ ne jamais demander « qu’est-ce que c’est ? » — un dessin de PS ne représente pas forcément quelque chose ; ⚠ ne jamais comparer ni afficher les productions côte à côte ; ⚠ ne jamais forcer un gaucher ni corriger la main utilisée : la latéralisation n’est pas fixée à trois ans ; ⚠ cinq minutes de tracé effectif, pas plus ; ⚠ étiquettes toutes de la même couleur, sans symbole ni animal ; ⚠ ne jamais commenter un prénom.
Les quantités et le tri : ⚠ aucune fiche, aucun exercice sur papier ; ⚠ ne jamais partager d’aliments pour compter ou distribuer ; ⚠ éviter les contextes inégalitaires — argent, cadeaux, possessions, jouets personnels ; ⚠ ne jamais demander combien on est à la maison ; ⚠ ne jamais commenter une absence ni un retard lors du comptage des présents ; ⚠ on ne compare jamais les élèves, ni leur taille, ni leur main, ni leur pied ; ⚠ ne jamais dire qu’un élève est grand ou petit ; ⚠ la non-conservation du nombre est une étape normale et durable ; ⚠ ne jamais stigmatiser un tri mélangé — le maintien du critère n’est pas acquis à trois ans ; ⚠ vérifier la vision en cas de difficulté persistante sur les couleurs, sans jamais conclure devant l’élève.
Le temps et l’espace : ⚠ le dernier wagon est toujours le départ — ne jamais construire un train de la journée qui s’arrête avant ; ⚠ on dit « quelqu’un vient te chercher », jamais « ta maman » ; ⚠ ne jamais promettre une heure ni une personne précise ; ⚠ attention aux gardes alternées — on ne construit jamais de calendrier personnel ; ⚠ le sablier ne sert jamais à presser un élève lent ni à sanctionner ; ⚠ prévenir de tout changement le matin même — un remplaçant non annoncé peut désorganiser une journée entière ; ⚠ aucun élève hors du champ de vision d’un adulte, jamais, même quelques secondes ; ⚠ comptage au départ, à chaque arrêt et au retour ; ⚠ ne jamais demander de dessiner sa maison ni interroger sur le logement, l’adresse ou le trajet.
Le vivant et les objets : ⚠ rien à la bouche, lavage des mains obligatoire ; ⚠ graines non toxiques uniquement (haricot, lentille, cresson) ; ⚠ vérifier les allergies, les PAI et les phobies ; ⚠ un élève qui a peur n’est jamais forcé ; ⚠ aucun animal prélevé ni ramené en classe, c’est l’adulte qui manipule la boîte-loupe ; ⚠ ne jamais demander si on a des animaux ou un jardin ; ⚠ on ne compare jamais deux corps ; ⚠ ne jamais gronder un oubli d’hygiène ; ⚠ aucun objet coupant, cassable, électrique ni de petite taille ; ⚠ jamais de petites billes dans le bac à transvaser ; ⚠ aucun récipient en verre ; ⚠ sol séché immédiatement — le risque de chute est le premier du transvasement ; ⚠ aucune dégustation, y compris de semoule ou de riz ; ⚠ constructions pas plus hautes que l’épaule d’un élève assis ; ⚠ les objets dangereux s’étudient en images, jamais en vrai ; ⚠ on ne fait jamais peur pour faire obéir.
Les activités physiques : ⚠ tapis épais et jointifs sous tout module, sans espace entre deux tapis ; ⚠ on ne saute pas d’une hauteur en PS, bancs posés au sol ; ⚠ un adulte en permanence près du module de grimpe — non négociable ; ⚠ pieds nus ou chaussons, jamais en chaussettes ; ⚠ échauffement progressif et retour au calme systématique ; ⚠ aucune performance, aucun classement, aucune course contre un autre élève ; ⚠ aucune élimination ; ⚠ personne n’est obligé de monter, de passer dessous ni de se déplacer d’une façon donnée ; ⚠ on ne tire jamais sur les bras — les luxations du coude sont fréquentes et surviennent dans les rondes ; ⚠ si un élève ne veut pas donner la main, le foulard entre les deux est une alternative complète, et il peut y avoir des raisons graves ; ⚠ personne n’est attrapé dans un jeu de poursuite ; ⚠ attention au personnage du loup, qui fait réellement peur à trois ans ; ⚠ ballons en mousse uniquement ; ⚠ un ballon et un cerceau par élève ; ⚠ ne jamais faire la morale sur le partage — on donne un autre objet ; ⚠ mordre et taper sont fréquents à trois ans : on sépare, on met des mots, on ne culpabilise pas, et on informe la famille des deux élèves sans nommer l’autre ; ⚠ vérifier les PAI, les dispenses et l’asthme.
Les activités artistiques : ⚠ peinture non toxique, allergies et PAI vérifiés ; ⚠ tabliers fournis par l’école — demander de vieux vêtements est un marqueur social direct ; ⚠ ne jamais forcer à toucher la peinture : l’aversion au contact est fréquente et parfois durable, et le pinceau est une participation complète ; ⚠ aucune empreinte de main ou de pied sans l’accord de l’élève ; ⚠ on n’évalue jamais le talent ; ⚠ ne jamais comparer deux productions ; ⚠ afficher tout le monde, sans sélection ; ⚠ pas d’autoportrait ni de dessin de sa famille ; ⚠ aucun élève ne chante seul ; ⚠ interdire le cri ; ⚠ volume modéré, extraits d’une minute maximum ; ⚠ boîtes des maracas scellées par l’adulte, fermeture vérifiée avant chaque séance — le risque d’inhalation d’une graine est une urgence vitale ; ⚠ comptage du matériel avant et après ; ⚠ ne jamais demander si on connaît une musique ni d’où vient la famille ; ⚠ enregistrements et reproductions libres de droits.
L’accueil, l’autonomie et l’EVAR : ⚠ on ne dit jamais « arrête de pleurer », ni « tu es grand maintenant », ni « regarde, les autres ne pleurent pas » ; ⚠ on ne compare jamais deux élèves sur leur capacité à se séparer ; ⚠ on dit aux familles de ne jamais partir en cachette ; ⚠ le doudou ne se confisque jamais et ne sert jamais de levier ; ⚠ le coin calme n’est jamais une punition ; ⚠ attention aux élèves qui ne pleurent pas du tout et restent en retrait — l’absence de manifestation n’est pas un signe d’adaptation ; ⚠ on ne gronde jamais un accident de propreté, ni devant l’élève, ni devant le groupe, ni devant la famille en présence d’autres personnes ; ⚠ prévoir des vêtements de rechange fournis par l’école, en plus de ceux des familles ; ⚠ ne jamais commenter le port de couches ni le stade de propreté ; ⚠ ne jamais faire attendre un élève qui demande les toilettes ; ⚠ dire ce qu’on fait en aidant à s’habiller ou à se changer — c’est la règle de l’EVAR, et elle s’applique tous les jours ; ⚠ personne n’est forcé de dormir, et personne n’est réveillé brusquement ; ⚠ ne jamais commenter les vêtements d’un élève ni leur état ; ⚠ information écrite des familles et de la direction avant l’EVAR, séance en demi-groupe, cadre posé à voix haute, participation libre, aucun jeu de rôle impliquant les élèves, aucun contenu relatif à la sexualité, aucune évaluation ni trace nominative, temps de disponibilité prévu après ; ⚠ en cas de révélation : ne pas poursuivre devant le groupe, écouter sans question dirigée, ne jamais promettre de garder le secret, consigner les mots exacts, informer immédiatement la direction, ne jamais contacter la famille soi-même, et rappeler que ce n’est jamais de la faute de l’enfant ; affiche du 119 photocopiée pour chaque élève.
Précautions propres à la période 2
Le langage et le lexique : ⚠ laisser plusieurs secondes avant de reprendre la parole — c’est la précaution la plus utile et la plus difficile à tenir ; ⚠ ne jamais faire répéter un mot mal prononcé, on reformule en rajoutant un mot ; ⚠ ne jamais commenter les vêtements d’un élève, ni leur marque, ni leur état, ni leur absence — l’hiver rend ce marqueur social criant ; ⚠ le matériel d’habillage est fourni par l’école ; ⚠ signaler discrètement à la direction un élève sans vêtement chaud, jamais devant le groupe ni devant d’autres familles ; ⚠ ne jamais parler du chauffage de la maison ni de ce qu’on porte chez soi ; ⚠ un élève qui ne produit aucun mot en fin de période 2 justifie un échange avec la famille et une vérification de l’audition — jamais une conclusion.
La compréhension et les traces : ⚠ aucune histoire de séparation, d’abandon ni de perte, y compris en période 2 ; ⚠ attention aux peurs réelles — les albums à structure répétitive comportent souvent un loup ou un monstre ; ⚠ ne jamais faire dire le refrain à un élève seul ; ⚠ un rond ouvert est un rond, et on ne corrige pas ; ⚠ dépasser n’est pas une faute ; ⚠ aucune fiche de coloriage — on remplit de grandes formes à la craie ; ⚠ la photo reste sur l’étiquette toute l’année, c’est la MS qui la retire ; ⚠ on n’écrit pas son prénom en PS.
Les quantités et le tri : ⚠ ne jamais stigmatiser une poignée prise au lieu de deux jetons — on repart de la boîte ; ⚠ les assiettes du coin cuisine sont des supports vides, on ne partage jamais d’aliments ; ⚠ les doigts sont toujours autorisés, et on ne corrige jamais la façon de les montrer ; ⚠ ne pas utiliser de jeux de paires du commerce à petites cartes : les objets réels sont plus accessibles et plus sûrs ; ⚠ la non-conservation du nombre est une étape normale et durable.
Le temps, l’espace et les rituels : ⚠ on cherche un objet, jamais une personne — le cache-cache avec les élèves peut angoisser, et un élève caché est un élève hors de vue ; ⚠ ne pas changer les coins de place en cours d’année : un élève de PS se repère par l’emplacement, pas par le nom ; ⚠ se lever au regroupement n’est pas désobéir, c’est la fin de l’attention disponible ; ⚠ le coin de repli n’est jamais une punition ; ⚠ décembre est plein de changements — spectacle, décorations, horaires, visiteurs — et chacun s’annonce le matin même et se montre sur le train de la journée ; ⚠ ne pas surcharger la période d’évènements exceptionnels ; ⚠ ne jamais évoquer les fêtes sous l’angle des cadeaux ni du repas : les situations familiales sont très inégales, et certaines familles ne fêtent rien.
L’eau, le froid et les matières : ⚠ eau froide ou tiède uniquement ; ⚠ aucun récipient en verre ; ⚠ sol séché immédiatement — le risque de chute est le premier de la séquence ; ⚠ surveillance directe et constante ; aucun élève seul près d’un bac, même peu profond ; ⚠ tenir un glaçon très peu de temps : le froid intense brûle la peau ; ⚠ aucune dégustation, y compris les glaçons, la semoule et le riz ; ⚠ aucun objet de petite taille dans le bac ; ⚠ échantillons de bois poncés ; ⚠ pâte à modeler sans allergène — et la pâte maison à la farine contient du gluten ; ⚠ ne jamais demander ce que représente une production en pâte à modeler ni de faire un bonhomme ; ⚠ un élève qui refuse de toucher une matière n’est jamais forcé.
Le parcours et la danse : ⚠ tapis épais et jointifs sous tout module, sans aucun espace entre deux tapis ; ⚠ un adulte en permanence près du module de grimpe — non négociable ; ⚠ on ne saute pas d’une hauteur en PS, module de trente centimètres maximum, banc posé au sol ; ⚠ pas de roulade avant en petite section : le rachis cervical n’est pas prêt et le geste de protection n’est pas maîtrisé — on roule sur le côté ; ⚠ certains élèves supportent mal la rotation, on ne force jamais ; ⚠ on ne tire jamais sur les bras dans la ronde ; ⚠ aucune élimination — le jeu des statues classique élimine, et il n’a pas sa place en maternelle ; ⚠ foulards courts, jamais autour du cou ; ⚠ pieds nus ou chaussons, jamais en chaussettes.
Les arts et les instruments : ⚠ aucune empreinte de main sans l’accord de l’élève, et jamais avec de la peinture sur la peau en cas d’allergie possible ; ⚠ ne jamais forcer à toucher la peinture ; ⚠ ne jamais utiliser d’aliments comme objets à empreinte ; ⚠ le marron n’est pas un échec ; ⚠ boîtes des maracas scellées par l’adulte, fermeture vérifiée avant chaque séance ; ⚠ comptage du matériel avant et après ; ⚠ vérifier le contenu des chansons — décembre est le moment où le risque de stéréotypes et de références familiales est le plus grand ; ⚠ reproductions et enregistrements libres de droits, en évitant les images anxiogènes.
Le vivre ensemble, l’autonomie et l’EVAR : ⚠ on ne fait jamais la morale sur le partage — on donne un autre objet ; ⚠ mordre et taper sont fréquents à trois ans : on sépare, on met des mots, on ne culpabilise pas, et on informe la famille des deux élèves sans jamais nommer l’autre enfant ; ⚠ une morsure se signale à la direction et se consigne ; ⚠ on ne demande jamais d’embrasser pour se réconcilier — c’est contraire à tout ce que dit l’EVAR ; ⚠ on ne force jamais une excuse ; ⚠ on ne nomme jamais un élève comme exemple d’un comportement ; ⚠ on tient systématiquement la promesse d’attente — une promesse non tenue détruit l’attente pour longtemps ; ⚠ on ne force jamais à manger, on ne félicite pas celui qui finit, et on ne compare jamais les assiettes ; ⚠ on ne commente jamais ce qu’un élève mange ni ce qu’il ne mange pas ; ⚠ relire l’affiche de la séance 1 avant la séance 2 d’EVAR ; ⚠ la troisième situation jouée par les marionnettes — le secret qui fait peur — ne se retire jamais du scénario.
Précautions propres à la période 3
Le langage, le lexique et la compréhension : ⚠ on choisit entre deux objets de la classe, jamais entre deux objets de la maison — un choix entre deux jouets personnels expose immédiatement les écarts sociaux ; ⚠ ne jamais dire qu’un choix est meilleur, et l’adulte ne donne pas son avis ; ⚠ ne jamais compter les voix ni désigner un choix gagnant ; ⚠ « moi » est un progrès, pas un défaut : on l’accueille, on ne le corrige pas ; ⚠ ne jamais forcer à dire merci ni pardon — on le dit avec l’élève, pas à sa place, et un mot récité ne vaut rien ; ⚠ aucun contraire n’est jamais appliqué à un élève, ni grand, ni petit, ni gros ; ⚠ ne jamais parler des accidents de propreté ni des vêtements mouillés à l’occasion de « mouillé et sec » ; ⚠ ne jamais demander qui fait la cuisine chez soi ni commenter les rôles familiaux à l’occasion du coin cuisine ; ⚠ aucune histoire avec mort d’animal, cruauté ni prédation explicite — les fables et les contes classiques en contiennent souvent ; ⚠ ne jamais dire qu’un animal est méchant ; ⚠ ne jamais faire raconter un élève seul devant le groupe ; ⚠ un élève qui ne produit aucun mot en fin de période 3 justifie un échange avec la famille et une vérification de l’audition.
L’écoute, le comptage et les traces : ⚠ ne jamais comparer les prénoms entre eux, ni en longueur, ni en sonorité, ni en origine, et ⚠ ne jamais demander d’où vient un prénom ; ⚠ tous les prénoms passent dans le jeu, et on tient une liste ; ⚠ vérifier l’audition si un élève ne réagit pas à son prénom en fin de période — les otites séreuses sont très fréquentes en hiver ; ⚠ ne jamais frapper les syllabes en PS ; ⚠ ne jamais corriger une erreur de comptine — « un, deux, quatre » est un état normal de la petite section ; ⚠ ne jamais faire compter un élève seul devant le groupe ; ⚠ la place dans le rang est très sensible : la liste affichée en photos décide, jamais l’adulte, et ⚠ elle ne sert jamais de récompense ni de sanction ; ⚠ aucune lettre tracée, aucune fiche de coloriage ; ⚠ cinq minutes de tracé effectif, pas plus ; ⚠ un trait qui n’est pas droit est un trait ; ⚠ coton-tiges utilisés uniquement pour peindre, jamais portés au visage ; ⚠ grosses pinces, aucun objet de petite taille, comptage du matériel avant et après.
Le tri, le temps et l’espace : ⚠ un seul critère à la fois — si les jetons diffèrent par la couleur et la taille, le tri devient impossible à trois ans ; ⚠ couleurs franches uniquement, et ⚠ attention au daltonisme : ne jamais insister sur une confusion rouge/vert répétée, et en parler à la famille ; ⚠ vérifier l’absence d’échardes sur les encastrements en bois ; ⚠ ne jamais demander ce qu’on a fait hier soir ni les jours sans école — les situations familiales sont très diverses, et la garde alternée rend la question douloureuse ; ⚠ ne jamais parler des vacances ; ⚠ on dit « quelqu’un vient te chercher », jamais « ta maman » ; ⚠ ne jamais exiger de nommer les jours ni corriger une confusion hier/demain ; ⚠ annoncer tout changement le matin même et déplacer les images devant les élèves ; ⚠ aucun élève ne sort seul de l’école ni ne traverse un espace non surveillé, et ⚠ l’adulte voit l’élève pendant tout le trajet ; ⚠ ne jamais envoyer un PS faire une commission dans une autre classe ; ⚠ ne jamais restreindre l’accès aux toilettes ; ⚠ gommettes antidérapantes, décollement vérifié chaque jour.
Le vivant, les objets et l’hiver : ⚠ aucun contact avec un animal, mort ou vivant, et ⚠ mangeoire hors de portée, accrochée par l’adulte ; ⚠ lavage des mains après toute manipulation de graines, et ⚠ attention aux allergies ; ⚠ ne jamais parler de la mort d’un animal ni de prédation — si un élève l’aborde, on écoute et on change de sujet doucement ; ⚠ attention aux élèves en situation de deuil, y compris d’un animal ; ⚠ ne jamais interroger sur les animaux qu’on a chez soi ; ⚠ ne pas laisser toucher la glace longtemps ; ⚠ ne jamais commenter les vêtements de chacun à l’occasion du froid — c’est un marqueur social immédiat — et ⚠ vérifier que chaque élève a de quoi se couvrir, en prévoyant des vêtements de rechange dans la classe, sans jamais le faire remarquer ; ⚠ planche stable, calée et tenue par l’adulte, faible pente, et on ne monte jamais dessus ; ⚠ balles en mousse uniquement, espace d’arrivée dégagé ; ⚠ ne jamais mettre les doigts entre les roues ; ⚠ ne jamais expliquer le cylindre : on le retire du matériel si la confusion gêne.
L’engin roulant et le lancer : ⚠ casque fourni par l’école pour tous, ajusté par l’adulte — demander aux familles d’apporter un casque crée une inégalité immédiate et visible ; ⚠ aucun élève sans casque, sans exception ; ⚠ porteurs bas uniquement, pieds à plat au sol ; ⚠ vérifier les engins avant chaque séance — roues, guidon, pièces cassées ; ⚠ sens de circulation unique et matérialisé ; ⚠ ligne d’arrêt large et loin du mur ; ⚠ un engin par élève, on ne monte pas à deux ; ⚠ ne jamais forcer un élève à monter — la peur de l’engin est fréquente et légitime, et regarder est une participation ; ⚠ intervenir immédiatement sur un conflit d’engin, et rappeler la comptine du tour plutôt que trancher ; ⚠ une seule direction de lancer, personne devant la cible, ⚠ on ne lance jamais quand quelqu’un ramasse ; ⚠ cible large — une cible étroite produit un échec systématique ; ⚠ ne jamais compter les points, classer ni faire la course.
Les arts et les instruments : ⚠ pâte et peinture non toxiques, rien à la bouche, lavage des mains après ; ⚠ pâte changée régulièrement ; ⚠ bâtonnets larges et sans pointe, comptés avant et après ; ⚠ tabliers fournis par l’école ; ⚠ aucun modèle à reproduire ; ⚠ ne jamais demander « qu’est-ce que c’est ? » — à trois ans, la production précède l’intention, et la question met en échec : on dit « raconte-moi », ou rien ; ⚠ ne jamais afficher les travaux côte à côte ni les comparer ; ⚠ ne jamais conserver une production contre l’avis de l’élève, ni la jeter devant lui ; ⚠ on ne casse pas le travail d’un autre, et l’adulte intervient immédiatement ; ⚠ volume modéré, en petit groupe pour les instruments ; ⚠ boîtes des maracas scellées, vérifiées avant chaque séance ; ⚠ claves de grande taille, aucune baguette fine ; ⚠ ne jamais retirer un instrument comme sanction ; ⚠ laisser un temps d’exploration libre avant toute consigne — sans cela, l’élève ne peut pas obéir à la consigne.
Le vivre ensemble, l’autonomie et l’EVAR : ⚠ trois règles maximum en petite section ; ⚠ ne jamais mettre la photo d’un élève sur une affiche de règle — on photographie des mains ou du matériel ; ⚠ ne jamais rejouer un conflit réel ni faire jouer un rôle à un élève ; ⚠ ne jamais désigner publiquement un élève qui a transgressé ; ⚠ aucun système de couleurs, de soleils ou de nuages : l’affichage du comportement stigmatise et il est inefficace à trois ans ; ⚠ une morsure se signale, se consigne, et les deux familles sont informées sans nommer l’autre élève ; ⚠ ne jamais exiger de dire pardon ; ⚠ on demande avant d’aider, et l’autre peut dire non ; ⚠ ne jamais demander aux familles d’acheter un équipement, y compris des chaussures à scratch ; ⚠ mouchoirs fournis par l’école ; ⚠ vêtements de rechange disponibles, utilisés sans commentaire ; ⚠ ne jamais moquer ni reprocher un accident de propreté ; ⚠ ne jamais restreindre l’accès à l’eau ni aux toilettes ; ⚠ attention aux pincements de fermeture : l’adulte engage toujours le bas, et on ne ferme pas jusqu’au menton ; ⚠ ne jamais travailler les lacets en PS ; ⚠ ne jamais comparer deux élèves sur leur autonomie — les écarts renvoient directement aux pratiques familiales ; ⚠ ne jamais demander qui est l’ami de qui, ni faire dessiner son meilleur ami, ni écrire de liste d’amis — c’est la dérive la plus fréquente de la séance 3 d’EVAR ; ⚠ ne jamais mesurer les élèves : ni la taille, ni le poids, ni le pied ; ⚠ ne jamais commenter la qualité des dessins de septembre ; ⚠ la révélation arrive souvent après la séance, dans un moment ordinaire, et c’est pourquoi un temps de disponibilité est prévu.
Précautions propres à la période 4
Le langage, le lexique et la compréhension : ⚠ ne jamais corriger une forme du passé — « j’ai faisé » et « j’ai prendu » sont des régularisations, donc des progrès ; ⚠ ne photographier que ce qui se passe à l’école, vérifier les autorisations de droit à l’image, et ⚠ ne jamais afficher une photo où un élève est en difficulté ou en pleurs ; ⚠ ne jamais demander ce qu’on a fait hier soir, le week-end ou pendant les vacances ; ⚠ ne jamais répondre à la place d’un élève interrogé par un camarade ; ⚠ ne jamais donner une consigne à deux verbes ; ⚠ ne jamais dire qu’un élève a peu de vocabulaire — la compréhension dépasse toujours largement la production ; ⚠ vérifier les images des documentaires : prédation, insectes en gros plan et animaux morts sont fréquents dans les livres animaliers ; ⚠ ne jamais demander si on a des livres à la maison ni si on lit le soir ; ⚠ le coin livres n’est jamais une occupation d’attente ni une punition.
La sortie de printemps : ⚠ on ne met rien à la bouche — aucune baie, aucune feuille, aucune fleur : certaines plantes ornementales de cour d’école sont toxiques ; ⚠ vérifier les allergies et les PAI avant toute sortie, les pollens étant un motif fréquent ; ⚠ deux adultes, comptage au départ, à chaque arrêt et au retour, ⚠ et aucun élève hors du champ de vision ; ⚠ chapeau, eau et zone d’ombre, ⚠ et le chapeau est fourni par l’école pour ceux qui n’en ont pas, sans le faire remarquer ; ⚠ vérifier les portails et les accès avant de sortir ; ⚠ un gilet de couleur porté par l’adulte — c’est le repère le plus efficace de la cour ; ⚠ limites matérialisées par des plots, montrées avant chaque sortie.
L’écoute, le comptage et les traces : ⚠ ne jamais moquer ni commenter une voix, ni son accent, ni son volume, ni son débit — ⚠ et arrêter immédiatement toute moquerie sur la voix d’un camarade : le jeu des voix rend cette dérive possible, et c’est son seul risque ; ⚠ ne jamais imposer de fermer les yeux ; ⚠ interdire le cri, et « fort » ne veut pas dire crier ; ⚠ ne jamais frapper les syllabes en PS ; ⚠ ne jamais corriger une erreur de comptine ni la façon de montrer les doigts ; ⚠ ne pas attendre la réussite du zigzag : c’est le tracé le plus difficile de l’année, et beaucoup d’élèves ne l’obtiendront qu’en moyenne section ; ⚠ un quadrillage de travers est un quadrillage ; ⚠ aucune lettre tracée ni nommée — on remarque que deux prénoms commencent pareil, on ne l’explique pas ; ⚠ ne jamais comparer deux prénoms.
Les quantités et le tri : ⚠ ne jamais partager d’aliments pour compter ou distribuer — allergies, PAI et régimes rendent la situation impraticable ; ⚠ jetons rigoureusement identiques : une différence de taille rend la comparaison impossible ; ⚠ aucune taille intermédiaire dans le tri ; ⚠ on ne dit jamais qu’un élève est grand ou petit, et ⚠ on ne compare jamais la taille des élèves — c’est le risque principal de la séquence de tri ; ⚠ ne jamais mesurer les élèves, ni la taille, ni le poids, ni le pied ; ⚠ constructions pas plus hautes que l’épaule d’un élève assis, jamais debout sur une chaise ; ⚠ éviter les contextes inégalitaires : argent, cadeaux, possessions, jouets personnels.
Le temps, l’espace et les rituels : ⚠ attention aux élèves arrivés en cours d’année — ils n’ont pas de photo de septembre, et on prépare une trace pour eux dès leur arrivée ; ⚠ ne jamais demander de photo de bébé ni de photo de famille ; ⚠ ne jamais commenter la qualité d’un dessin de septembre ni dire que celui d’aujourd’hui est mieux ; ⚠ se lever au regroupement n’est pas désobéir, c’est la fin de l’attention disponible ; ⚠ douze minutes maximum, et on arrête avant si le groupe décroche ; ⚠ le coin de repli n’est jamais une punition ; ⚠ ne jamais gronder un oubli d’étiquette ; ⚠ ne jamais expliquer une absence ni poser de question à ce sujet ; ⚠ annoncer tout changement le matin même.
Le vivant et le ciel : ⚠ graines non toxiques uniquement — haricot, lentille, cresson — ⚠ rien à la bouche, lavage des mains obligatoire, et ⚠ terreau du commerce, jamais de terre non contrôlée ; ⚠ l’adulte vérifie l’arrosage tous les jours : trop d’eau fait pourrir, et ⚠ un semis mort est une déception réelle — prévoir des semis de réserve, semés par l’adulte, pour remplacer sans commentaire ; ⚠ ne jamais comparer les pots ni désigner celui qui a le mieux poussé ; ⚠ ne jamais déterrer pour montrer ; ⚠ aucun récipient en verre manipulé par les élèves ; ⚠ on ne regarde jamais le soleil, même une seconde, même avec un filtre : la lésion rétinienne est immédiate et définitive, et ⚠ on le dit simplement, sans faire peur, et on le redit à chaque sortie ; ⚠ attention à la peur du noir, très fréquente à trois ans — ⚠ « il y a quand même de la lumière la nuit » se dit explicitement, et ⚠ on ne fait jamais peur avec le noir ni n’éteint la lumière pour illustrer ; ⚠ ne jamais parler de l’heure du coucher ni de ce qui se passe la nuit chez soi ; ⚠ la fatigue s’observe, elle ne se commente pas.
Le ballon et la danse : ⚠ ballons en mousse uniquement, de grande taille, aucun ballon dur ni lesté ; ⚠ aucun ballon lancé vers un élève, jamais — ⚠ on fait rouler, parce qu’un ballon qui arrive en l’air fait peur et provoque un réflexe de fermeture des yeux ; ⚠ ramassage immédiat des ballons qui roulent sous les pieds ; ⚠ un ballon par élève au début — le partage n’est pas acquis à trois ans ; ⚠ ne jamais imposer un partenaire : jouer avec l’adulte est une participation complète ; ⚠ foulards courts, jamais autour du cou ni autour du poignet — le risque de strangulation est réel et l’accident est rapide ; ⚠ pieds nus ou chaussons, jamais en chaussettes ; ⚠ aucune élimination, aucune course, aucun classement ; ⚠ ne jamais faire danser un élève seul devant les autres ni évaluer une danse ; ⚠ l’adulte danse avec les élèves.
Les arts et le chant : ⚠ aucun modèle à reproduire ; ⚠ ne jamais demander « qu’est-ce que c’est » — on dit « raconte-moi », ou rien ; ⚠ ne jamais dire qu’une couleur est triste, gaie, ou qu’elle est pour les filles ou pour les garçons ; ⚠ ne jamais afficher les travaux côte à côte ni les comparer, et ⚠ afficher tout le monde, sans sélection ; ⚠ on n’évalue jamais le talent ; ⚠ tabliers fournis par l’école ; ⚠ outils à grosse poignée, comptés avant et après ; ⚠ reproductions libres de droits, sans image anxiogène ni nudité ; ⚠ aucun élève ne chante seul devant les autres, et ⚠ on ne fait jamais écouter un élève pour juger ; ⚠ certains élèves sont hypersensibles au bruit — un casque anti-bruit peut être mis à disposition, sans commentaire ; ⚠ vérifier le contenu des chansons : stéréotypes de genre et références familiales sont fréquents dans le répertoire traditionnel ; ⚠ ne jamais demander si on connaît une musique ni ce qu’on écoute en famille.
Les rôles, le vivre ensemble et l’autonomie : ⚠ ne jamais utiliser un rôle comme récompense ou comme sanction, et ne jamais le retirer — c’est la dérive la plus fréquente des systèmes de responsabilités ; ⚠ vérifier que chacun passe, en tenant la liste à jour ; ⚠ ne jamais reprocher de vouloir le faire tous les jours : c’est une vraie déception, et elle se reconnaît ; ⚠ un livre abîmé n’est pas une faute, et ⚠ ranger et réparer ne sont jamais des punitions ; ⚠ le jeu parallèle est une étape du développement, pas un déficit — ⚠ ne jamais exiger de jouer ensemble ; ⚠ ne jamais faire la morale sur le partage : on donne un autre objet ; ⚠ on joue avec les marionnettes, jamais entre élèves, et ⚠ on ne rejoue jamais un conflit réel ; ⚠ ne jamais nommer un élève comme exemple d’un comportement ; ⚠ ne jamais forcer une excuse ni demander d’embrasser pour se réconcilier ; ⚠ mordre et taper sont fréquents : on sépare, on protège, on met des mots, on ne culpabilise pas — ⚠ et une morsure se signale, se consigne, les deux familles étant informées sans jamais nommer l’autre enfant ; ⚠ aucun affichage de comportement, aucun système de couleurs ni de soleils ; ⚠ tabliers à fermeture par devant, fournis par l’école — ⚠ un lien à nouer dans le dos rend l’autonomie impossible ; ⚠ eau tiède réglée par l’adulte, sol séché immédiatement ; ⚠ savon doux sans allergène connu, eczémas et PAI vérifiés ; ⚠ ne jamais gronder un oubli d’hygiène ni un accident de propreté ; ⚠ ne jamais restreindre l’accès aux toilettes ni à l’eau ; ⚠ ne jamais comparer deux élèves sur leur autonomie — les écarts renvoient directement aux pratiques familiales.
Précautions propres à la période 5
Le bilan, les photos et les traces : ⚠ vérifier les autorisations de droit à l’image avant tout affichage et avant tout envoi aux familles ; ⚠ ne jamais afficher une photo où un élève est en difficulté ou en pleurs ; ⚠ attention aux élèves arrivés en cours d’année — ils ont moins de photos, et on regarde ce qu’ils ont sans le signaler ; ⚠ ne jamais comparer deux élèves sur ce qu’ils savent faire, ni dire qui a le plus progressé ; ⚠ ne jamais commenter la qualité des productions de septembre ni dire que celles d’aujourd’hui sont mieux ; ⚠ ne jamais mesurer les élèves ; ⚠ ne jamais jeter une production devant un élève, et lui demander ce qu’il veut garder ; ⚠ rendre les pochettes le dernier jour, ⚠ et prévoir une solution pour les élèves absents ce jour-là.
Le passage en moyenne section : ⚠ ne jamais promettre une classe, un enseignant ni des camarades — les répartitions changent jusqu’en août, et cette règle vaut aussi avec les familles ; ⚠ annoncer le changement plusieurs semaines avant, et le montrer par des visites répétées ; ⚠ la visite porte sur les lieux vitaux — portemanteaux, coin du regroupement, toilettes — et pas sur le matériel ; ⚠ ne jamais dire « tu seras grand » ni « tu es grand maintenant » pour obtenir un comportement ou pour consoler ; ⚠ attention aux élèves qui changeront d’école : la visite peut être douloureuse, on ne le commente jamais devant le groupe, et ⚠ on n’annonce jamais un départ à leur place — c’est la famille qui le fait ; ⚠ attention aux élèves dont l’orientation est en cours ; ⚠ annoncer la fin de l’année, et retirer une image par jour la dernière semaine — ⚠ une fin non annoncée inquiète beaucoup.
La chaleur de juin : ⚠ eau à volonté, zone d’ombre montrée, chapeau — ⚠ et le chapeau est fourni par l’école pour ceux qui n’en ont pas, sans le faire remarquer ; ⚠ séances écourtées ou déplacées aux heures chaudes ; ⚠ on ne regarde jamais le soleil, même une seconde, et on le redit à chaque sortie ; ⚠ vérifier les allergies et les PAI — pollens et piqûres d’insectes sont fréquents ; ⚠ on ne met rien à la bouche : ni baie, ni feuille, ni fleur, ni graine, ⚠ certaines plantes ornementales de cour d’école étant toxiques ; ⚠ ne jamais restreindre l’accès à l’eau.
Le langage, la lecture et les traces : ⚠ ne jamais corriger une forme du passé ; ⚠ préparer l’élève plus grand avant la séance de langage — il écoute, il ne devine pas, il ne finit pas les phrases, et il ne fait pas à la place ; ⚠ ne jamais faire parler un PS seul devant un groupe de grands ; ⚠ aucune histoire de séparation, d’abandon ni de perte, y compris en fin d’année où la question du départ est déjà présente ; ⚠ ne jamais exiger de justifier un choix — « parce que » relève de la moyenne section ; ⚠ aucune lettre tracée ni nommée, aucun prénom écrit, jusqu’au dernier jour : ⚠ la pression de fin d’année pour « préparer la MS » est réelle, vient souvent des familles, et elle est contre-productive ; ⚠ ne jamais demander de s’entraîner pendant les vacances.
Les mathématiques : ⚠ ne pas dépasser trois, plus un, en petite section ; ⚠ aucun chiffre à écrire, jusqu’au dernier jour ; ⚠ un seul critère de tri à la fois — croiser deux critères pour préparer la MS met en échec ; ⚠ jetons rigoureusement identiques ; ⚠ la non-conservation du nombre est une étape normale et durable : on n’explique pas, on apparie ; ⚠ ne jamais partager d’aliments pour compter ou distribuer ; ⚠ on ne dit jamais qu’un élève est grand ou petit, et on ne compare jamais les tailles ; ⚠ attention au daltonisme en cas de confusion rouge/vert répétée, et en parler à la famille en fin d’année ; ⚠ ne pas tout ranger le dernier jour, et garder les coins ouverts jusqu’au bout.
Le vivant et les sciences : ⚠ l’adulte vérifie l’arrosage tous les jours, et ⚠ prévoir des semis de réserve, semés par l’adulte, pour remplacer sans commentaire un pot qui n’a pas poussé — un semis mort le dernier jour est une déception réelle ; ⚠ ne jamais comparer les pots ni désigner celui qui a le mieux poussé ; ⚠ tout le monde emporte un pot, y compris les élèves absents le dernier jour ; ⚠ annoncer plusieurs jours avant que les pots partent, et prévoir des sacs solides fournis par l’école ; ⚠ aucun récipient en verre manipulé par les élèves ; ⚠ ne jamais déterrer pour montrer ; ⚠ ne jamais dire « tu t’es trompé » — se tromper fait partie de chercher ; ⚠ ne jamais expliquer un phénomène : on constate, et expliquer est pour la grande section ; ⚠ aucun animal prélevé ni ramené en classe.
Les activités physiques : ⚠ on ne saute jamais d’une hauteur en PS — la réception à pieds joints n’est pas maîtrisée, et c’est là que se produisent les chutes ; ⚠ plots loin du mur, avec de la place après : un élève qui court ne s’arrête pas net ; ⚠ balles en mousse uniquement, une seule direction de lancer, personne devant, ⚠ et on ne lance jamais quand quelqu’un ramasse ; ⚠ aucune course contre un autre élève, aucun classement, aucune élimination, aucun chronomètre ; ⚠ ne jamais mesurer ni comparer les distances de lancer — la gommette est un repère personnel ; ⚠ ne jamais corriger le geste de lancer ni de saut ; ⚠ tapis épais et jointifs sous tout module, sans aucun espace entre deux tapis ; ⚠ un adulte en permanence près du module de grimpe — non négociable ; ⚠ pas de roulade avant ; ⚠ pieds nus ou chaussons, jamais en chaussettes ; ⚠ on ne tire jamais sur les bras ; ⚠ personne n’est obligé : enjamber est une réponse, marcher est une réponse, contourner est une réponse.
Les arts, le chant et le spectacle : ⚠ aucun élève ne chante seul devant les autres, et ⚠ le moment commun se fait AVEC les autres groupes, jamais DEVANT eux ; ⚠ une prestation devant un public est hors de portée en petite section, et personne n’est obligé d’y participer ; ⚠ préparer les grands avant le moment commun ; ⚠ certains élèves sont hypersensibles au bruit : un casque anti-bruit peut être mis à disposition, sans commentaire ; ⚠ vérifier les autorisations de droit à l’image en cas de captation ; ⚠ aucun modèle à reproduire, et ⚠ ne jamais demander « qu’est-ce que c’est » ; ⚠ ne jamais afficher les travaux côte à côte ni les comparer, et ⚠ afficher tout le monde, sans sélection ; ⚠ aucune couleur associée à une émotion, à une personne ni à un genre ; ⚠ aucun pinceau fin, jusqu’au dernier jour.
Le vivre ensemble et l’autonomie : ⚠ trois règles maximum, jusqu’au dernier jour ; ⚠ ne jamais mettre la photo d’un élève sur une affiche de règle ; ⚠ aucun affichage de comportement, aucun système de couleurs, de soleils ou de nuages ; ⚠ ne jamais rejouer un conflit réel ni nommer un élève comme exemple ; ⚠ ne jamais forcer une excuse ni demander d’embrasser pour se réconcilier ; ⚠ mordre et taper sont fréquents jusqu’à la fin de l’année : on sépare, on protège, on nomme, on ne culpabilise pas — ⚠ et une morsure se signale, se consigne, les deux familles étant informées sans jamais nommer l’autre enfant ; ⚠ le jeu parallèle n’est pas un déficit, et on ne force jamais un binôme ; ⚠ ne jamais comparer deux élèves sur leur autonomie — les écarts renvoient directement aux pratiques familiales ; ⚠ ne jamais commenter les vêtements ; ⚠ ne jamais gronder un accident de propreté ni commenter le port de couches ; ⚠ ne jamais faire attendre un élève qui demande les toilettes ; ⚠ dire ce qu’on fait en aidant à s’habiller ou à se changer — c’est la règle de l’EVAR ; ⚠ les affiches d’EVAR, 119 compris, restent en place jusqu’au dernier jour ; ⚠ en cas de révélation : écouter sans question dirigée, ne jamais promettre le secret, consigner les mots exacts, informer immédiatement la direction, et rappeler que ce n’est jamais de la faute de l’enfant.
Ce qu’il reste à préparer
Les reproductions d’œuvres et les enregistrements ne sont pas inclus pour des raisons de droits : les fiches indiquent quoi afficher et depuis quelles sources institutionnelles (Gallica, sites des musées, ressources Éduscol et Lumni).
Pour la période 1, il faut prévoir : ⚠ un appareil photo et de quoi imprimer beaucoup — c’est le matériel central de la petite section, car presque tous les affichages sont des photographies de la classe : les quatre moments de la journée, les quatre coins, les trois lieux de l’école, les boîtes de rangement, les portemanteaux, les lits ; quatre images de besoins (boire, toilettes, doudou, aide) à afficher très bas ; un objet-parole doux (peluche, galet) ; une collection d’objets réels de la classe (crayon, pinceau, colle, ciseaux, feuille, boîte) ; deux cartes-visages dessinées (content, pas content) ; une grande silhouette dessinée, grandeur nature ; deux albums cartonnés très courts, à un seul personnage bien reconnaissable, ⚠ sans séparation ni abandon, lus cinq ou six fois chacun ; des marottes plastifiées sur bâtonnets ; un coin livres garni de livres cartonnés résistants ; une boîte à bruits (grelot, papier froissé, clés, contenant d’eau, cuillère) ; deux comptines très courtes avec gestes, affichées en images ; des gros crayons courts, des craies grasses, des feutres épais et des feuilles très grandes ; de quoi peindre debout, au mur ou sur chevalet ; des gommettes de grande taille ; ⚠ des étiquettes-prénoms avec photo, toutes de la même couleur, sans symbole ; un tableau des présents aimanté à hauteur d’enfant de trois ans ; une bande numérique jusqu’à 5 avec les points ; des jetons très gros en grand nombre et des barquettes ; des objets identiques sauf la couleur et deux boîtes de tri avec gommettes ; des formes et des objets ronds ; un train de la journée en quatre photos avec une locomotive mobile ; un sablier incassable de deux minutes ; quatre cartes météo dessinées ; des pots, du terreau et des graines non toxiques, à semer ⚠ dès la première semaine, plus un petit arrosoir à pomme ; des boîtes-loupes ; une affiche de lavage des mains en quatre images, au-dessus du lavabo ; un grand bac à transvaser avec semoule ou riz, des contenants larges et étroits et un entonnoir ; de gros cubes et des gobelets gigognes ; trois pictogrammes de danger ; des tapis épais et jointifs, des bancs posés au sol, un tunnel, ⚠ autant de cerceaux et de ballons en mousse que d’élèves, et un tambourin comme signal ; des foulards courts pour la ronde ; de la gouache non toxique en deux couleurs et des tabliers fournis par l’école ; des éponges, bouchons et rouleaux ; trois percussions avec ⚠ maracas scellées par l’adulte ; deux extraits musicaux très contrastés d’une minute ; des marionnettes et l’affiche du 119 à photocopier pour chaque élève ; un coin doudous à hauteur d’enfant ; un coin calme avec coussins ; ⚠ des vêtements de rechange fournis par l’école ; et une chanson de bonjour et une chanson de rangement, toujours les mêmes.
Pour la période 2, il faut prévoir en plus : des photos d’atelier prises le matin même, imprimées le jour même si possible ; ⚠ des vêtements d’hiver fournis par l’école — manteau, bonnet, écharpe, moufles — pour la séquence de lexique, ⚠ et un stock de rechange, parce que toutes les familles ne peuvent pas en fournir ; deux albums à structure répétitive, avec un refrain très marqué, ⚠ sans loup ni monstre si possible, lus cinq ou six fois chacun ; un imagier ; des images de quatre animaux très connus pour les cris ; deux nouvelles comptines gestuées, affichées en images ; des craies grasses, des feutres épais, des grandes feuilles, et de quoi scotcher au mur ; des gommettes de grande taille ; des formes découpées très grandes à poser sur la feuille ; ⚠ des boîtes à deux cases — une plaquette d’œufs coupée suffit ; des assiettes et des gobelets du coin cuisine ; des paires d’objets réels identiques, ⚠ gros et sans petites pièces ; des photos des objets de la classe, pour l’appariement image / objet ; des formes rondes et carrées grandes et manipulables ; deux images séquentielles par action familière, en photos de la classe ; un bac à eau peu profond, des contenants en plastique, ⚠ jamais de verre, un entonnoir, et de quoi sécher le sol immédiatement ; des glaçons et des barquettes ; une collection de flottaison — bouchon, cuillère, éponge, gros caillou ; des objets durs et mous très contrastés et un sac opaque ; de la pâte à modeler sans allergène ; des tapis épais et jointifs, un module de trente centimètres maximum, un tunnel, un banc posé au sol et un plan légèrement incliné ; deux musiques très contrastées, les mêmes qu’en univers sonores ; des foulards courts ; de la gouache jaune, en plus du rouge et du bleu ; des objets à empreinte — bouchons, éponges — ⚠ sans aliment ni petite pièce ; une reproduction libre de droits, très grande ; les affiches de la séance 1 d’EVAR, restées en place ; une carte-émotion « la peur », dessinée ; et ⚠ du matériel en double, ce qui reste la mesure la plus efficace contre les conflits.
Pour la période 3, il faut prévoir en plus : des objets contrastés mouillés et secs — tissus, éponges — avec de quoi sécher le sol immédiatement ; ⚠ de la vaisselle en plastique pour le coin cuisine, aucun récipient en verre ; deux albums à personnages animaux, ⚠ sans mort d’animal ni prédation, avec des marottes correspondantes ; deux nouvelles comptines gestuées, affichées en images — six en tout ; deux bruits proches pour la boîte à bruits (clés, grelot) ; des percussions simples — tambourin, claves de grande taille, ⚠ maracas scellées ; des gommettes de grande taille en deux couleurs, pour marquer départs et arrivées ; des coton-tiges et de la peinture au doigt ; ⚠ des pinces à linge et des grosses pinces, comptées avant et après ; des étiquettes-prénoms en nombre suffisant pour un choix parmi huit ; des jetons très gros et des barquettes ; ⚠ un dé en mousse masqué au-delà de trois ; des sets de table avec silhouette pour le coin cuisine ; trois boîtes de tri avec gommettes rouge, bleue et jaune, et des jetons identiques sauf la couleur ; des encastrements en bois — rond, carré, triangle — ⚠ vérifiés sans échardes ; une frise des cinq jours en photos (école / maison) avec une grosse pince à linge ; deux images jour et nuit ; des photos des trois lieux de l’école, affichées aux portes ⚠ à hauteur d’élève ; des gommettes antidérapantes pour le chemin au sol ; une mangeoire à accrocher par l’adulte, des graines non toxiques, et des photos de deux oiseaux fréquents ; des gobelets à laisser dehors pour le glaçon ; une planche à caler et des balles en mousse ; ⚠ des porteurs bas, pieds à plat au sol — aucune draisienne pour les PS — et ⚠ des casques fournis par l’école, pour tout le monde ; deux images de feu rouge et de feu vert ; un banc pour l’attente et une comptine du tour ; de grands cartons comme cibles et des plots ; de la pâte à modeler sans allergène et des bâtonnets larges sans pointe ; de la gouache verte, en plus du rouge, du bleu et du jaune ; une grande feuille collective avec une gommette par élève ; les affiches des séances 1 et 2 d’EVAR, restées en place, ⚠ les dessins datés de septembre, indispensables à la séance « je grandis », des marionnettes, des photos des adultes de confiance de l’école, et l’affiche du 119 ; trois affiches de règles en photos de la classe, ⚠ sans photo d’élève ; ⚠ des mouchoirs fournis par l’école ; et des fermetures éclair cousues sur des carrés de tissu, qui sont l’outil le plus efficace de la séquence d’autonomie.
Pour la période 4, il faut prévoir en plus : ⚠ un appareil photo disponible en permanence — la période 4 est celle où l’on photographie le plus : les ateliers du matin, l’arbre, les semis, les gestes d’autonomie ; ⚠ les photos de septembre de chaque élève, indispensables, ⚠ plus une trace préparée pour les élèves arrivés en cours d’année ; deux livres documentaires en photos — animaux, plantes — ⚠ vérifiés sans prédation ni animal mort ; des imagiers à pages épaisses ; deux nouvelles comptines gestuées, dont ⚠ une à deux groupes — huit en tout ; des gommettes de grande taille pour le centre de la croix et pour les extrémités du zigzag ; un bac de semoule pour tracer au doigt ; des feutres épais, des grandes feuilles et une grande bande de papier pour les zigzags ; ⚠ des étiquettes-prénoms pour un choix parmi douze ; des jetons rigoureusement identiques, gros, en grand nombre ; un pion de grande taille pour la bande numérique ; des objets de deux tailles très contrastées, ⚠ identiques par ailleurs, et deux boîtes ; des gobelets gigognes et des gros cubes ; des pots, du terreau du commerce, des gros haricots et un petit arrosoir à pomme, ⚠ plus des semis de réserve semés par l’adulte ; ⚠ un verre transparent pour voir la graine et les racines, posé hors de portée ; des bâtonnets à planter comme repère de croissance ; une collection d’images jour et nuit très contrastées ; ⚠ des ballons en mousse de grande taille, un par élève, et des cerceaux pour recevoir ; ⚠ des foulards courts, un par élève ; des rouleaux, des grosses brosses et des éponges — ⚠ aucun pinceau fin ; de la gouache noire, en plus des quatre autres couleurs, et du papier épais et clair ; une reproduction libre de droits, très grande ; ⚠ des tabliers fournis par l’école, à fermeture par devant — jamais de lien à nouer dans le dos ; une liste des rôles en photos, affichée à hauteur d’élève ; ⚠ un gilet de couleur porté par l’adulte dans la cour, et des plots pour matérialiser les limites ; ⚠ des chapeaux fournis par l’école pour le printemps ; et ⚠ du matériel en double, qui reste la meilleure prévention des conflits.
Pour la période 5, il faut prévoir en plus : ⚠ toutes les photos de l’année, triées et imprimées — c’est le matériel central de la période, et cinq bilans en dépendent ; ⚠ une trace préparée pour les élèves arrivés en cours d’année ; ⚠ les pochettes datées de chaque élève, avec la production de septembre devant ; deux nouvelles comptines — dix en tout — et deux nouvelles chansons ; une borne des dix comptines et une borne des dix chansons, en images ; des formes découpées très grandes pour le remplissage, et des craies grasses ; ⚠ des étiquettes-prénoms de toute la classe pour la recherche finale ; des jetons rigoureusement identiques et des barquettes ; un pion pour la bande numérique ; trois collections de tri, une par critère, ⚠ sans mélange ; les encastrements — rond, carré, triangle ; une frise de l’année en cinq photos, à hauteur d’élève ; des photos de la classe des moyens, ⚠ et une visite préparée avec l’enseignant concerné, répétée ; les photos des six lieux de l’école ; ⚠ les photos hebdomadaires du semis et des semis de réserve semés par l’adulte, plus des sacs solides fournis par l’école pour emporter les pots ; un bac à eau peu profond et une collection de flottaison ; des plots gros et de couleur vive, des cerceaux, des lignes plates au sol et des balles en mousse ; ⚠ des tapis épais et jointifs, un tunnel et un banc posé au sol ; les trois outils de peinture — rouleau, grosse brosse, éponge — et les cinq couleurs ; ⚠ une très grande feuille pour la fresque collective, avec une gommette par élève ; ⚠ des chapeaux fournis par l’école, de l’eau à volonté et une zone d’ombre repérée ; les affiches d’EVAR et le 119, ⚠ maintenus jusqu’au dernier jour ; les trois affiches de règles et la liste des trois rôles, en photos ; et ⚠ des images à retirer une par une pour le compte à rebours de la dernière semaine.
Cinq points d’organisation à anticiper dès la rentrée :
Tout photographier, dès la première semaine. Les quatre moments de la journée, les coins, les lieux, les boîtes. ⚠ Sans photos, aucun affichage de la période 1 n’existe — et ce sont les affichages qui font le travail.
Semer dès la première semaine. L’observation d’un semis demande plusieurs semaines. Lancée en octobre, elle n’aboutit pas dans la période.
Conserver la première production de chaque élève. La première trace, datée. C’est le seul élément qui ne se rattrape pas — et il servira en MS, puis en GS.
Demander des vêtements marqués et prévoir un stock de rechange. Les vêtements marqués au prénom se demandent aux familles en septembre. ⚠ Le stock de rechange, lui, est fourni par l’école : toutes les familles ne peuvent pas en fournir.
Demander un décloisonnement en conseil des maîtres. Si un échange de service est possible sur le créneau d’écoute et de phonologie, il résout le problème le plus difficile de la classe à plusieurs niveaux. Cela se demande en septembre, pas en janvier.
Les sept phrases de l’année
Sept formulations traversent les cent séquences. Elles se disent aux élèves, mot pour mot, et elles reviennent d’un domaine à l’autre. Les retenir, c’est retenir l’essentiel de la petite section.
1. « Montrer est une réponse. » De septembre à juin, dans tous les domaines. ⚠ Un élève qui montre a répondu, et exiger un mot ferme la porte à ceux qui n’en ont pas encore.
2. « La photo dit où ça va. » Les bacs, les portemanteaux, les coins, les lieux de l’école, la borne des chansons. ⚠ Un support matériel obtient ce qu’aucune consigne n’obtient, et c’est le principe le plus rentable de l’année.
3. « Ça recommence. » Le jour et la nuit, les jours d’école, le rituel du matin, les chansons, le chemin des gommettes. ⚠ La régularité rend le monde prévisible, et prévisible veut dire rassurant.
4. « Il faut attendre. » Le glaçon, les oiseaux, les semis, l’arbre. ⚠ On ne voit pas se produire une transformation lente — c’est le contenu scientifique réel de la petite section, et il demande un dispositif : photo, bâtonnet, deux images côte à côte.
5. « S’arrêter est plus difficile que commencer. » La danse, l’instrument, l’engin roulant, le point tracé, la course, le ballon, la page qu’on tourne. ⚠ L’inhibition motrice est l’apprentissage transversal de l’année, et deux astuces la rendent accessible : s’asseoir, et poser l’objet.
6. « Quand j’ai un mot, je pleure moins. » Les images de besoins, les mots d’émotion, « aide-moi », « non », « s’il te plaît ». ⚠ Le langage remplace progressivement les manifestations corporelles de la détresse — et cela met plusieurs mois.
7. « Je peux encore avoir besoin d’aide. » La phrase de fin d’année, et celle de l’EVAR. ⚠ L’autonomie n’est pas l’absence d’aide, et demander de l’aide est un progrès, pas un échec.
Ce que la petite section doit transmettre à la moyenne section
Ce qui compte au 1er septembre suivant n’est pas une liste de connaissances. C’est ce qui rend un élève disponible pour apprendre.
Ce qui est acquis en fin de PS, et sur quoi la MS peut s’appuyer :
| Domaine | Ce qui est là |
|---|---|
| Séparation | ⚠ Venir à l’école sans détresse, et savoir que quelqu’un vient chercher |
| Langage | Trois mots ensemble ; « moi » ; demander et répondre à un camarade ; ⚠ et montrer, qui reste une réponse |
| Écoute | Réagir à son prénom ; distinguer deux bruits proches ; marquer une pulsation ; ⚠ mais aucune syllabe |
| Écrit | Six tracés ; reconnaître son prénom sur une étiquette photo ; ⚠ et aucune lettre |
| Nombres | Jusqu’à trois, plus un ; distribuer un pour un ; ⚠ et aucun chiffre écrit |
| Tri | Un critère à la fois : couleur, forme, taille ; trois formes |
| Temps | École ou maison ; « après la nuit » ; avant et maintenant ; ⚠ et aucun nom de jour |
| Espace | Six lieux ; sept mots de position ; ⚠ et aucune latéralisation |
| Autonomie | Six gestes du quotidien ; aller seul aux toilettes ; ranger au signal |
| Vivre ensemble | Trois règles, en images ; « il a le droit de dire non » ; jouer à deux quelques minutes |
| EVAR | Les trois phrases, le 119, les adultes de confiance — ⚠ identiques à celles du CE1 |
Trois choses matérielles à transmettre :
⚠ La pochette datée de chaque élève, avec la production de septembre devant. C’est le seul document qui rende visible une année de progrès graphique, et il ne se reconstitue pas.
⚠ Les photos de l’année, et notamment celles de septembre. Elles serviront encore en MS, pour la même raison.
⚠ Ce qu’on sait de chaque élève et qui ne s’écrit pas dans un livret : qui a besoin d’un temps de repli, qui ne réagit pas encore à son prénom, qui n’a produit aucun mot, qui a une audition à surveiller, qui a un doudou indispensable. ⚠ Cela se transmet de vive voix, pas par écrit.
Et une chose à ne pas transmettre : ⚠ aucun jugement définitif. Les écarts de développement à trois ans sont énormes et ne préjugent de rien — ⚠ un élève silencieux en juin peut parler en octobre, et une remarque écrite le suit pendant des années.